Interpellant les collectivités sur les difficultés d’accès de leurs enfants à l’école, des associations tsiganes s’alarment des conséquences des propositions du chef de l’Etat. «Pendant trop longtemps, les survivants rroms, sinté et kalé des camps d’internement, de déportation et d’extermination, tant en France qu’ailleurs en Europe, se sont tus sur les horreurs qu’ils avaient vécues. Probablement par honte et pudeur, mais aussi, certainement, pour ne pas transmettre à leurs enfants des sentiments qui pourraient être destructeurs. Ces personnes âgées, qui gardent sur leurs corps et dans leurs esprits les stigmas de la persécution, ont pris le temps nécessaire pour transmettre cette histoire horrible, au risque de l’oubli. Elles ont pris le temps pour que leurs petits enfants sachent, pour qu’ils comprennent, mais sans susciter en eux la haine», explique Saimir Mil porte parole de la Voix des Rroms.
La plus part des associations de gens du voyages ou solidaires avec eux demandent une reconnaissance officielle des 600 000 à 1 millions de victimes. Pour plusieurs observateurs les drames vécus durant la guerre mondiale expliquent en grande partie les mutations des populations répertoriées sous la formule Gens du voyage et notamment l’apparition de mouvements religieux et politiques revendiquant une identité tsigane. Les membres de ces organisations prennent souvent l’initiative d’intervenir auprès des collectivités pour les questions concernant le stationnement, l’habitat et l’éducation, sans être toujours identifiés comme étant des interlocuteurs représentatifs.
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