Accessibilité des bâtiments, manque de ressources, complexité administrative: les associations de handicapés dressent un bilan peu enthousiaste du 3ème anniversaire de la loi Handicap 2005, et prennent leurs marques avant la conférence bilan annoncée pour le printemps.
Plusieurs associations ont montré ces derniers jours une certaine déception sur l’application de la loi du 11 février 2005 « pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées ».
Elles n’ont pas attendu la « Conférence nationale sur le handicap » qui doit dresser le bilan de la loi avec tous les acteurs réunis, avant l’été.
« Trois ans après, le recul est suffisant pour apprécier les dysfonctionnements ou imperfections de l’application de cette loi », estime notamment la Fnath (Fédération des accidentés de la vie).
La loi aux 101 articles et plus d’une centaine de décrets et arrêtés, pas encore tous parus, a ouvert un champ de réformes très large, allant de l’accessibilité des bâtiments et des transports d’ici à 2015 aux ressources des handicapés, en passant par la scolarisation ou l’accès à l’information.
Le rapport-bilan de Patrick Gohet, délégué interministériel aux personnes handicapées, concluait déjà en août dernier à des « imperfections » et des « insuffisances », ajoutant que celles-ci « ne condamnaient par la réforme », mais « appelaient à des mesures destinées à faciliter sa réalisation ».
Une des principales innovations de la loi, les « Maisons départementales pour personnes handicapées (MDPH) destinées à informer et simplifier les démarches administratives, représentent une « réelle avancée », reconnaissent les associations, mais remplissent mal leur rôle.
« On constate encore un manque de personnels, une logique trop administrative, un accueil insuffisant », critique l’APF (paralysés de France).
L’accessibilité des bâtiments et des transports est un point crucial pour les handicapés. Améliorer l’emploi, la scolarisation, l’accès à la culture, ne sert à rien si l’on ne peut pas prendre les transports en commun ou entrer dans les bâtiments.
Le gouvernement a avancé à juin ou décembre 2009 la date butoir, fixée initialement à fin 2010, pour réaliser un diagnostic d’accessibilité des bâtiments publics, première étape avant la réalisation des travaux pour 2015.
Mais les associations critiquent le retard déjà pris et soulignent qu’il n’y a toujours pas de texte pour l’accès aux locaux de travail.
En matière d’emploi, la Fnath souligne que de nombreuses entreprises ont choisi de « s’exonérer de leur obligation d’emploi », rappelant que le taux de chômage des travailleurs handicapés « reste plus de deux fois supérieur à la moyenne nationale ».
La question des ressources reste primordiale pour les associations, dépassant la seule loi 2005. Une manifestation nationale organisée le 29 mars à Paris par une quarantaine d’associations réunis dans un mouvement « Ni pauvre, ni soumis », sera un test de la capacité de mobilisation dans ce secteur peu habitué à défiler dans la rue.
Indignées par les franchises de santé qui « pèsent particulièrement sur les handicapés et accidentés du travail », les associations demandent une « réforme globale des ressources des handicapés, quel que soit leur âge, afin de créer un revenu de remplacement d’un montant au moins égal au Smic brut ».
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