Avez-vous été consultés, pour l’élaboration de ce rapport ?
Non, mais les inspecteurs connaissaient l’état d’esprit des régions quant à cette réforme, introduite sans concertation aucune avec elles, qui sont pourtant responsables des locaux et des investissements en équipements.
Partagez-vous les constats énoncés ?
Nous attendons toujours la relance des filières industrielles et technologiques.
Nous souhaiterions encourager l’introduction de la pédagogie assistée par internet, mais les changements dans la formation initiale et continue des enseignants se traduisent, par exemple, par des difficultés à développer les espaces numériques de travail (ENT).
Aucune réforme, bonne ou mauvaise, ne peut s’appliquer sans maintien des moyens. Nous craignons que cela ne soit une réforme pour rien.
Quels sont vos regrets, quant à cette réforme ?
Certains investissements en équipements consentis par les régions avant la réforme se sont révélés caduques, du fait du manque de concertation.
Par ailleurs, nous regrettons de ne pas avoir été consultés sur la mise en œuvre de l’aide personnalisée, qui impose un travail en petits groupes et donc, des salles adaptées.
Pour une mutualisation
Lancée en 2010, la réforme du lycée a pour objectif :
- de mieux préparer les élèves à l’enseignement supérieur,
- d’améliorer l’orientation
- et de rééquilibrer les filières, du fait notamment de la perte de vitesse de la filière littéraire.
Sans en tirer de conclusions définitives, le rapport relève « une petite inflexion » à la hausse du pourcentage d’élèves en première littéraire à la rentrée 2011, tandis que la série technologique industrielle STI2D semble avoir stoppé son déclin, selon Catherine Moisan, l’un des deux coordonnateurs de ce rapport des inspections générales de l’Education nationale.
« Comme c’est d’abord l’offre qui détermine la construction des parcours des élèves, les lycées doivent travailler ensemble, alors qu’ils sont plutôt en concurrence, et donc nous préconisons une mutualisation » de ce que des lycées proches peuvent offrir comme options et filières, a-t-elle expliqué.
Concernant le « pilotage académique » des lycées, le rapport suggère « d’impulser sans prescrire » et « d’accompagner les acteurs sans se substituer à eux ».
Enfin, dans les 40 lycées visités, les inspections générales n’ont pas encore constaté la mise en place de « stages passerelles », censés pouvoir permettre à un élève de première mal orienté de changer de filière.
Références
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