La candidat socialiste à l’élection présidentielle, François Hollande, a consacré le 14 mars dans un discours prononcé à Marseille un long développement à la politique qu’il entend mener en faveur des banlieues.
« Dans ces quartiers où sont concentrés tous les problèmes, il y aura des politiques publiques qui seront toutes renforcées, démultipliées ; dans les quartiers la République sera de retour après le mois de mai », a-t-il promis.
Misant sur l’emploi, il a souhaité notamment que la Banque publique d’investissement qu’il veut créer « ait une filiale dédiée aux quartiers pour (y) développer l’entreprise ».
« Dans nos quartiers, y compris les plus déshérités, a-t-il précisé, il y a tant de jeunes qui veulent entreprendre et ne le peuvent pas, qui vont vers une banque qui leur refuse le moindre micro-crédit, qui vont vers des actionnaires qui leur refusent leur concours ».
Avant de poursuivre : « Alors moi, je veux que la Banque publique d’investissement – celle qui sera créée au lendemain de l’élection présidentielle – ait une filiale dédiée aux quartiers pour développer l’entreprise dans ces quartiers et faire naître ces projets qui ne voient pas le jour », a-t-il lancé sous les applaudissements.
Clauses d’insertion dans les marchés publics – François Hollande a par ailleurs rappelé sa volonté de créer « 150 000 emplois jeunes, emplois d’avenir exclusivement affectés aux jeunes des quartiers ».
Il a également indiqué qu’il souhaitait faire en sorte « que dans tous les marchés publics dans ces quartiers, il y ait une clause d’insertion qui permette aux entreprises (…) d’embaucher les jeunes » qui y vivent.
De même, il a préconisé que tous ceux sortis de l’école sans qualification bénéficient de 20 heures de formation par an.
Autres mesures évoquées : l’obligation pour les communes de construire 25 % de logements sociaux, sous peine de multiplier par 5 les sanctions » ou encore le renforcement de l’apprentissage au français.
La fin du zonage – Evoquant l’insécurité, il a pris l’exemple de Marseille pour avertir fermement « qu’à la loi de la force » s’opposera avec lui « la force de la loi ».
« La République rattrapera tous ceux qui se croient au-dessus de la loi », a-t-il lancé, prônant également « l’exemplarité » des élus à tous les niveaux. Des zones de sécurité prioritaires seront créées.
Autre thème fort, « la laïcité » qu’il a promis « de défendre contre tous les assauts ». François Hollande a rappelé son projet d’inscrire dans la Constitution la loi de 1901 sur la séparation des églises et de l’Etat.
Enfin, le candidat socialiste a annoncé son intention de mettre fin au zonage. « Je mettrai un terme aux zones d’éducation prioritaire (ZEP) et aux autres zones. La République ne connaît pas les zones, mais les citoyens », a-t-il dit.
Aclefeu lance un « tour de France » citoyen sur les quartiers populaires
Le collectif Aclefeu , créé après les émeutes de l’automne 2005, entamera vendredi 16 mars un « tour de France » de 9 jours pour « débattre avec les citoyens » de ses propositions pour les quartiers populaires, a annoncé jeudi son président, Mohamed Mechmache. Ce « tour de France » partira de Clichy-Sous-Bois (Seine-Saint-Denis), où est basé le collectif, et fera étape dans une vingtaine de villes, dont Lille, Rennes, Lyon, Strasbourg et Marseille, pour arriver à Montpellier, a précisé M. Mechmache lors d’une conférence de presse. « L’objectif, c’est d’aller au contact des gens, pour débattre avec eux de nos 23 propositions et leur faire signer, s’ils le souhaitent, une pétition de soutien », a-t-il ajouté.
Parmi les propositions figurent la mise en place de partenariats entre les missions locales et les entreprises publiques pour offrir des emplois aux jeunes des quartiers, la création de « plateformes pluridisciplinaires » pour lutter contre la déscolarisation et l’instauration d’une « attestation de contrôle d’identité » pour lutter contre les contrôles au faciès. « Nous aurons deux caravanes, qui se rendront aussi bien dans les banlieues que dans les quartiers de centre-ville », a précisé M. Mechmache. « Les problèmes des quartiers concernent tout le monde. S’ils ne sont pas traités par les responsables politiques, ils finissent par se délocaliser », a-t-il assuré.
Le collectif Aclefeu a prévu d’organiser à l’issue de son « tour de France » un débat national sur les quartiers populaires, le 14 avril, avec des acteurs associatifs et des personnalités publiques et politiques, pour interpeller les candidats à la présidentielle sur ses propositions. « Notre but, c’est que les territoires les plus démunis soient mieux pris en compte dans le débat électoral », a souligné Mohamed Mechmache. Aclefeu avait occupé le 21 février le rez-de-chaussée d’un hôtel particulier parisien pour y installer « un ministère de la crise des banlieues ». Lors de cette occupation, le collectif avait reçu des candidats à la présidentielle, dont François Hollande.
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