Des manifestants se sont rassemblés le 4 janvier à Roissy pour tenter d’empêcher en vain l’expulsion vers le Gabon d’un gréviste de la faim des centres du Mesnil Amelot (77) et de Vincennes (94). «Les personnes mises en centre de rétention dénoncent les conditions de vie inhumaines qu’ils subissent et le fait que leurs dossiers individuels ne sont pas réellement étudiés», explique un membre de l’association «SOS soutienôsanspapiers». «Nul ne peut affirmer avec certitude que la personne expulsée est Gabonaise», ajoute t-il. En effet, contrairement à d’autres pays tels que le Sénégal, les autorités consulaires Gabonaises fournissent facilement des visas permettant l’expulsion.
La veille, une manifestation dénonçant les conditions d’interpellation et de rétention des sans-papiers s’était déroulée entre la cité de l’émigration et le centre de Vincennes. Depuis plus d’une semaine des protestations prenant la forme de grèves de la faim et de refus de rentrer dans les chambres se déroulent dans les deux grands centres de la région parisienne. «Les protestations n’avaient jamais donné lieux à autant de soutien à l’extérieur», remarque Caroline Larpin, responsable adjointe de la Cimade, association d’entraide, qui se consacre à l’accompagnement des étrangers migrants, en voie d’expulsion, demandeurs d’asile ou réfugiés. Elle constate que son association – habilitée à intervenir à l’intérieur des centres de rétention – reçoit de plus de demandes d’information de la part d’associations et de collectifs de sans-papiers. «Le passage du temps de rétention de 12 à 32 jours en 2003 et l’augmentation des capacités des centres qui peuvent atteindre 140 à 280 places comme à Vincennes placent les retenus dans des conditions de vie carcérales engendrant des conséquences pouvant aller jusqu’au suicide», précise Caroline Larpin.
Un Moldave sans-papiers a d’ailleurs été hospitalisé le 4 janvier après s’être entaillé les veines avec une lame de rasoir au local de rétention de Choisy-le-Roi (Val-de-Marne), la veille de son expulsion.
Dans son rapport 2006, la Cimade donne une analyse chiffrée de l’évolution des centres de rétention et des effets de la politique des objectifs chiffrés de reconduites à la frontière sur le traitement des cas individuels.
Pour aller plus loin, consulter le rapport 2006 de la Cimade sur les centres et locaux de rétention administrative




