Pour la première fois, les personnes handicapées mentales sous tutelle ont pu voter le 22 avril au premier tour de la présidentielle. Il s’agit bien, là, d’une accessibilité aux bureaux de vote au sens large de la définition donnée par la loi handicap du 11 février 2005 : « L’accessibilité permet l’autonomie et la participation des personnes ayant un handicap… ».
Et sur le terrain ? Un peu prématuré de répondre pour Arnaud de Broca, secrétaire général de la Fnath, association des accidentés de la vie. Les remontées sont encore insuffisantes et, en général, seuls les mécontents s’expriment – n’est-ce pas toujours le cas ?
Mais une première tendance tout de même : « Des progrès ont été réalisés en matière d’accessibilité des locaux ; des rampes d’accès ont été installées quasiment partout ».
Encore des efforts à l’intérieur – Cependant, les efforts restent à poursuivre « une fois à l’intérieur. L’électeur en fauteuil roulant rencontre encore des difficultés pour circuler ou accéder à l’isoloir ou aux urnes ».
Autre problème : l’absence, par exemple, du nom des candidats en braille devant les piles de bulletins, mais là ce n’est plus du ressort des communes mais du ministère de l’Intérieur.
Auteur, avec l’association Civisme et démocratie (Cidem), d’une brochure « Des élections sans entrave pour les citoyens handicapés »(1), la Fnath compte remobiliser ses militants pour les élections législatives.
Objectif législatives – Même constat « de progrès substantiels» pour Hamou Bouakkaz, adjoint au maire de Paris, chargé de la démocratie locale et de la vie associative, – « mais pas des questions de handicap », tient-il à souligner, lui-même aveugle de naissance(2). « Sur le triple front de l’accès aux programmes, aux bureaux de vote et aux bulletins, ces progrès sont dus notamment aux nouvelles technologies, mais surtout à la maturité de notre société qui considère la personne handicapée comme citoyenne avant tout ».
Pour les personnes à mobilité réduite, Paris est passé, selon lui, de 31 % des bureaux de vote accessibles en 2001 à 86 % en 2002 et à quasi 100 % aujourd’hui.
Il reste, toutefois, à ne pas résumer l’accessibilité au seul fauteuil roulant : pourquoi pas des codes-barres sur les bulletins de vote pour les aveugles équipés de smartphone ? suggère, par exemple, Hamou Bouakkaz.
La principale fédération du handicap mental, l’Unapei, reprend, elle, son bâton de pélerin avant les législatives, avec sous le bras un « Memento pratique à l’usage des candidats » qui, tous handicaps confondus, donne des conseils simples aux chargés de campagne.
Simples, et souvent profitables à tous publics.
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Notes
Note 01 Elle a reçu le soutien de la Fondation de France, de la Direction générale de la cohésion sociale et de l’Association des maires de France (AMF). Retour au texte
Note 02 Auteur de « Aveugle, arabe et homme politique, ça vous étonne ? » livre d’entretiens publié en 2011, il est aussi membre de l’équipe de campagne de François Hollande. Retour au texte




