Ce mouvement de grève poursuit deux objectifs. Dénoncer d’abord la réforme des retraites de 2010 qui a allongé de deux ans l’âge légal d’ouverture des droits au départ pour les égoutiers fonctionnaires, le faisant passer de 50 à 52 ans, ainsi que la modification des règles pour atteindre un nombre suffisant de trimestres travaillés.
Les égoutiers fonctionnaires bénéficient d’un système de retraite spécifique, appelé le « régime de l’insalubrité ». Selon la CGT, « pour faire valoir leur droit à la retraite à 52 ans à taux plein, les égoutiers doivent impérativement avoir commencé à travailler dès l’âge de 20 ans, avoir travaillé 20 ans en réseaux souterrains d’égouts dont 6 années consécutives et n’avoir aucune interruption de travail qui engendrerait une perte d’annuité ».
Espérance de vie inférieure – Le second objectif est d’attirer l’attention sur les conditions de travail dans les réseaux d’assainissement. Diverses études(1) démontrent que l’espérance de vie des professionnels de l’assainissement est inférieure à celle des autres populations ouvrières.
« Le milieu insalubre dans lequel nous exerçons notre métier peut nous faire contracter de nombreuses maladies », explique Didier Dumont, animateur du collectif “eau” de la fédération CGT des services publics.
En effet, les eaux usées transportent des matières fécales, radioactives, ainsi que des produits chimiques comme des gaz, néfastes pour l’organisme et qui se traduisent par des problèmes de peau, de respiration et des atteintes du tube digestif.
« Pourtant, les égoutiers n’arrivent pas à faire reconnaître leurs accidents de santé comme des maladies professionnelles », dénonce Didier Dumont.
Pour protéger la santé des égoutiers, la CGT formule les exigences suivantes :
- Restauration de l’âge d’ouverture des droits au départ en retraite à taux plein dès 50 ans ;
- Développement des enquêtes épidémiologiques sur l’ensemble des salariés travaillant dans les réseaux d’assainissement ;
- Diminution significative du temps d’exposition des agents travaillant dans les réseaux d’assainissement ;
- Amélioration des moyens de protections individuels et collectifs.
Suivi médical renforcé – « Nous aimerions avoir accès à un suivi médical renforcé », insiste Didier Dumont. « A titre personnel, je bénéficie de deux visites médicales par an, mais ce n’est pas le cas de mes collègues qui travaillent sur d’autres sites, précise-t-il. Chaque collectivité a mis en place sa propre politique de suivi médical sans harmonisation au niveau national. »
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Notes
Note 01 Biomarqueurs d’évaluation d’une exposition complexe : exposition à des polluants professionnels chez les égoutiers parisiens, INSERM, 2009. Retour au texte

