« Alors que les Etats votent des lois instituant des droits sociaux nouveaux, l’administration ne cesse de fabriquer des ‘non ayant-droits’, avec un traitement policier de la pauvreté, empêchant de fait toute pratique de survie. »
C’est sur ce paradoxe que la mobilisation européenne contre la « criminalisation » des sans-abri est lancée, ce 8 juin à Lyon.
Sur le plan juridique, le mouvement vise à enclencher une véritable « guérilla juridique », à la fois dans les tribunaux locaux de chacun des pays, mais aussi en direct auprès de la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) par le biais de la procédure de la question préjudicielle.
Les premiers contentieux devraient porter sur « le droit au logement, les conditions de rétention des étrangers, l’entrave au séjour et à la circulation au sein de l’Union européenne, les arrêtés anti-mendicité, le harcèlement policier des étrangers, des prostitués… Les sujets ne manquent pas », souligne Marc Uhry, le directeur de la Fondation abbé Pierre en Rhône-Alpes et coordinateur européen du projet.
Arrêtés anti-mendicité – Pour cela, le réseau européen Housing right watch, composé de 40 avocats, devrait déposer les premiers recours dans les tout prochains jours. Les arrêtés anti-mendicité sont particulièrement dans le collimateur, une vingtaine de collectivités étant visées.
Mais le mouvement se veut aussi une mobilisation citoyenne à travers toute l’Europe. « Nous voulons inviter le citoyen à prendre conscience du glissement sécuritaire qui s’opère dans la gestion de l’espace public. La vidéosurveillance, les arrêtés anti-mendicité, l’évacuation des squats : partout en Europe, la pauvreté est réprimée alors que les protections sociales s’effilochent », complète Marc Uhry.
Pour cela, le mouvement s’appuie sur les réseaux traditionnels des grandes fédérations associatives et notamment la Fondation abbé Pierre et la Fédération européenne des associations nationales travaillant avec les sans-abri (dont sont membres notamment la Fnars, la Fapil, Emmaüs France, la Fédération des Pact).
Les réseaux sociaux devraient faire le reste (compte Twitter @rightohousing et la page Facebook de Housing right watch).




