Soutenir la prévention et les soins demeure, bien sûr, un levier d’action majeur. La conseillère générale Françoise Pouget a ainsi évoqué tout le panel des dispositifs utilisés en Haute-Garonne pour apporter une « réponse globale » aux addictions : Maison départementale des adolescents, Unités territoriales d’action médicosociale, associations partenaires, etc.
Quant à Monique Durrieu, adjointe au maire de Toulouse, elle a souligné son intérêt pour la réduction des risques, afin de préserver la santé des usagers de drogues actifs.
Innovation et pragmatisme – « Les acteurs locaux sont souvent les plus intéressés par l’innovation et les solutions pragmatiques », relève Jean-Pierre Couteron, le président de la Fédération addiction.
« Nous l’avons constaté lors du débat sur les salles de consommation (de drogues, ndlr) à moindre risque. » Qu’importe, au fond, « la posture idéologique » de tel nouvel outil de prise en charge des addictions : nombre d’élus locaux se demandent d’abord « en quoi ce dispositif peut permettre, sur un territoire de santé, de résoudre des problèmes », apprécie Jean-Pierre Couteron.
Et ce pragmatisme peut également se déployer face aux trafics. A Marseille, où des « supermarchés de la drogue » se sont durablement incrustés dans certains quartiers, la municipalité a tenté de réagir dès le début des années 2000.
« Notre choix a été d’engager une politique non pas de répression, mais de soutien aux professionnels de première ligne », explique Mylène Frappas, responsable de la mission « sida toxicomanies et prévention des conduites à risques » à la ville de Marseille.
Faire émerger des pratiques professionnelles nouvelles – En effet, les intervenants de terrain rapportaient ce sentiment d’épuisement face à des jeunes irrésistiblement attirés par l’argent du deal : « On n’est plus entendu ! »
La ville a alors constitué un groupe de travail, afin de mieux comprendre ces trafics, et d’aider les professionnels à agir. « Cela a permis de faire émerger des pratiques professionnelles nouvelles », souligne Mylène Frappas.
Après une première publication en 2004, le travail s’est depuis élargi, en y impliquant notamment les habitants eux-mêmes. Et il doit aboutir en septembre à une action conjointe de la ville, de la police, de la justice et des bailleurs, sur quatre sites marseillais.
« Notre objectif n’est pas d’éradiquer les trafics, mais au moins de les déstabiliser, en défaisant les liens complexes qu’ils ont noués avec les habitants. »
A ses côtés, le sociologue Michel Kokoreff en est convaincu : l’immense diversité des situations locales appelle « une complexité des réponses, qui ne peuvent donc pas provenir uniquement de l’Etat ».
De quoi apaiser, peut-être, le débat national sur le cannabis…
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