Dans un communiqué diffusé la veille de l’ouverture du procès, l’Association nationale des assistants de service social (Anas), publie la lettre de « soutien professionnel » qu’elle a adressée aux travailleurs médicosociaux du conseil général de la Sarthe. Elle y rappelle « des éléments essentiels qui permettent de mieux mesurer la violence et l’aspect contre-productif des jugements a priori dont ils ont été l’objet », dans un plaidoyer qui souligne que :
- « Le drame apparaît évitable de façon évidente… après qu’il se soit produit. »
Pour l’Anas, la question à poser ne devrait pas être « Ce drame aurait-il pu être évité ? » car la prédiction n’est jamais sûre, mais « comment, et donc à quel prix, le risque d’un tel drame aurait-il pu être réduit ? »
- « Le pire peut être invisible et imprévisible jusqu’au dernier moment. »
- « Malgré toutes les bonnes volontés et la plus grande mobilisation, le système de protection ne peut garantir la protection de chaque enfant. »
« On ne peut protéger un enfant au mieux que du seul risque que l’on a décelé (…). Les professionnels ont la responsabilité d’évaluer le risque le moins coûteux pour l’enfant », souligne encore l’association.
- « La prise de risque est aussi protectrice. »
- « Face à une situation exceptionnelle, il faut la réflexion plutôt que l’accusation. »
Les travailleurs sociaux à la barre le 18 juin
Les parents de la petite Marina comparaissent aux Assises du Mans depuis le 11 juin 2012, pour actes de torture et de barbarie ayant entraîné la mort sans intention de la donner.
L’audience doit durer jusqu’au 26 ou 27 juin.
Ils encourent la réclusion à perpétuité. La fillette était morte sous leurs coups à l’âge de 8 ans début août 2009. Ils l’ont avoué après avoir tenté de fait croire à une disparition.
Son corps avait été retrouvé, un mois plus tard, dissimulé dans une malle remplie de béton.
Les enquêteurs ont mis au jour des sévices remontant aux deux ans de l’enfant et allant en s’aggravant au fil des ans. Marina avait fait l’objet d’un signalement en 2008 auprès du parquet du Mans – classé sans suite -, puis d’une information préoccupante transmise au conseil général en mai 2009.
Pourquoi n’avait-elle pas été retirée à sa famille, surtout après son hospitalisation pendant un mois et des rapports médicaux alarmants ? La question sera de nouveau posée par quatre associations de défense de l’enfance parties civiles au procès : Enfance et Partage, L’Enfant Bleu, Innocence en danger et La Voix de l’Enfant, qui veulent « taper du poing sur la table » et « réfléchir à différentes procédures de recherches en responsabilités ».
En 2009, la Voix de l’Enfant avait mis en cause les travailleurs sociaux « qui continuent de donner la priorité à la famille et non à l’enfant » et avait pointé « les dysfonctionnements de la protection de l’enfance en France ».
Les travailleurs sociaux du conseil général de la Sarthe, qui, il faut le souligner avec force, n’ont pas été inculpés de non-assistance à personne en danger, doivent témoigner à la barre le 18 juin, ainsi que le directeur général adjoint chargé de la solidarité.




