« Nous avons entendu plusieurs annonces sur les rythmes scolaires, sur la pré-rentrée, et maintenant, sur les vacances de la Toussaint 2012. Elles semblent partir dans tous les sens. Les recadrages opérés par Jean-Marc Ayrault nous rassurent, mais il en est déjà au deuxième », relève Anne-Sophie Benoit, présidente de l’association de responsables territoriaux de l’éducation Andev.
De concert avec le réseau français des villes éducatrices, l’Andev a fait partie des promoteurs de l’Appel de Bobigny, qui prône un respect des rythmes de l’enfant.
L’an passé, le réseau a participé aux travaux menés par la Conférence nationale sur les rythmes scolaires.
Reconnaître le savoir-faire des territoires – Reçu le 13 juin dernier au ministère de l’Education, le réseau rappelle ses priorités dans un communiqué :
- la mise en place d’un cadre national et sa déclinaison concertée à l’échelon local,
- la prise en compte du temps de l’enfant dans sa globalité,
- un temps de service public national d’éducation augmenté et articulé (Etat et collectivités),
- la reconnaissance du savoir-faire des territoires pour une mise en œuvre réussie des politiques éducatives concernées.
En accord sur le fond avec les mesures annoncées, le réseau s’inquiète d’une précipitation qui nuirait à la démarche de changement de rythmes scolaires et souhaite que les contraintes et la voix des collectivités soient prises en compte.
Hausse de 15 % pour les budgets des collectivités – « Il a suffit que le Conseil supérieur de l’éducation rende un avis et tout de suite, on distribue des segments de décision, sans consulter les collectivités », dénonce Anne-Sophie Benoit, qui enfonce le clou : « Ces annonces sporadiques renvoient une image de mépris des collectivités locales, alors même qu’il nous incombera de mettre la démarche en œuvre. Or, revenir à une semaine de 4,5 jours en 2013 se traduira par une hausse de 15 % de nos budgets, car les villes prendront en charge plus de repas scolaires et plus d’activités périscolaires. »
Autre pomme de discorde : la mention d’une pause méridienne de 90 minutes minimum, annoncée dans une lettre aux enseignants, dans la circulaire pour la rentrée 2012 – texte qui devrait paraître dans les jours qui viennent selon le ministère.
La question illustre d’ailleurs le dilemme qu’affronte le réseau : « Là encore, l’Andev est favorable à ce que la pause méridienne devienne un temps éducatif plein et entier. Mais s’agit-il ici de reporter l’aide personnalisée le matin ou le soir, ou bien encore d’obliger les communes à élargir la pause méridienne à deux heures, sans autre considération, ou bien enfin de supprimer cette aide personnalisée, par ailleurs décriée par certains ? Aucune de ces trois hypothèses ne nous semble satisfaisante. »




