Qu’est-ce qui vous a poussé à vous présenter à la présidence de la Fnars ?
Je reconnais que le passage d’une entreprise du CAC 40 comme EADS au secteur associatif n’est pas très habituel, mais j’ai toujours souhaité m’investir dans le domaine social sans en avoir le temps pendant ma vie professionnelle. Cet investissement est lié à un vrai défi : aujourd’hui, 10% de la population vit en situation de grande pauvreté ou de grande précarité. Il est absolument essentiel qu’on conserve le lien social avec ces 10% de la population.
C’est un enjeu de solidarité nationale mais aussi de cohésion du tissu social dans son ensemble. Je crois que ce que font les associations est absolument décisif car ce sont elles qui maintiennent et promeuvent le lien social.
Vous avez été nommé par le gouvernement début juin Commissaire général à l’investissement. Comment allez-vous concilier ces deux fonctions ? La Fnars va-t-elle pouvoir garder cette fonction d’interpellation du gouvernement ?
Je ne pense pas qu’il y ait, entre le Commissariat général à l’investissement (1) et la FNARS, de réels conflits de responsabilité, même si dans le grand emprunt, il y a une enveloppe dédiée à l’économie sociale et solidaire. Peut-être que ma capacité d’interpellation de l’Etat sera un peu plus limitée, mais je pense que c’est conciliable. Pour cela, il ne faut pas que je sois le seul porte-parole du mouvement ; le directeur général, les autres membres du Conseil d’administration devront aussi pouvoir s’exprimer.
Mais aller voir les ministres, présenter les positions de la Fnars, je le ferai sans état d’âme et avec conviction.
En janvier, la FNARS, lors de son congrès, a adopté des résolutions plaidant pour une solidarité moderne, plus automatique et plus lisible pour les citoyens. Vous approuvez ces orientations ?
C’est la ligne dans laquelle je m’inscris. Il n’y a pas de débat, le mouvement doit fonctionner sur deux pieds : celui de l’insertion et celui de l’assistance. Il faut que les populations les plus démunies relèvent, autant que possible, de procédures de droit commun, et que ces procédures leur soient donc accessibles.
La FNARS est un vaste ensemble composé de 870 associations et 18 000 salariés. Y-a-t-il des défis que vous avez déjà identifiés ?
La Fnars est engagée dans des processus de travail en commun, d’échange, de formation, de recherche d’une efficacité plus grande ; des processus qu’il convient de poursuivre. L’un des défis majeurs que j’identifie concerne les appels à projets qui se multiplient. Premièrement, ceux-ci placent le mouvement associatif dans la situation, non plus d’élaborer ses propres politiques mais de mettre en œuvre des politiques définies par les financeurs. Ensuite, ces appels à projets poussent au regroupement des associations. Si on perçoit bien l’avantage de ces regroupements en terme d’efficacité, de taille critique, il faut maintenir une des forces du mouvement associatif qui est sa capacité d’engagement des acteurs en son sein. Enfin, la réactivité des associations doit rester grande face à des populations qui sont parfois dans des situations d’extrême urgence.
A court terme, quels vont être vos préoccupations ?
Je vais veiller à ce que les crédits ne s’envolent pas ! Les populations les plus démunies ne doivent pas être les victimes des coupes budgétaires. Au contraire, elles doivent être considérées comme prioritaires. On le voit bien avec la problématique du maintien de l’ouverture des places d’hébergement hivernale. Ensuite, mon rôle de président n’est pas d’être le PDG de la FNARS. Je suis là pour écouter, dégager un consensus et ensuite pour exprimer la voix du mouvement.
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Notes
Note 01 Le Commissaire général à l’investissement, placé sous la tutelle du Premier Ministre, a la charge des fonds du grand emprunt (35 milliards d’euros), lancé par Nicolas Sarkozy en 2010 destinés à dynamiser la croissance. Retour au texte





