« Leur présence marque un changement, car ils sont venus tous les deux ouverts au dialogue et montrent de nombreuses convergences avec les priorités que nous avons énoncées dans l’Appel de Bobigny », relève en préambule Yves Fournel, président du réseau.
Sans aboutir à des annonces précises, le débat avec Dominique Bertinotti a abordé des thèmes chers au réseau autour des 0-6 ans :
- la nécessité de renforcer l’accueil des enfants de moins de 3 ans en maternelle et d’atteindre l’objectif de 30 % en fin de mandat présidentiel. Au cours du mandat précédent, cet accueil avait rétrogradé de 30 à 10 %. Les zones d’éducation prioritaire seront concernées au premier chef, mais elles ne seront pas les seules ;
- le maintien, l’évaluation et le développement des classes-passerelles qui permettent l’intégration progressive en maternelle d’enfants qui n’ont jamais connu de mode de garde collectif, ainsi que le soutien aux jardins d’enfants ;
- les liens entre le ministère délégué à la Famille et les caisses d’allocations familiales (CAF).
Changement de posture – « L’éligibilité des activités périscolaires aux prestations de la CAF représente un enjeu pour les villes. Nous avons également abordé les conditions de financement des activités de la petite enfance et le terme ‘service public de la petite enfance’ a été mis en avant. Nous assistons donc à un changement de posture. Il ne s’agit plus, aujourd’hui, de privilégier le ‘tout privé’ et d’organiser la solvabilité d’un marché », reprend Yves Fournel, qui reconnaît cependant que le débat n’est pas entré dans le détail des modes de garde.
De son côté, le discours de Vincent Peillon a été fort apprécié : « Il a ouvert en évoquant le service civique, les prestations de la CAF, l’implication des étudiants en formation dans les métiers de l’éducation, l’importance des 2/3 ans, la reconnaissance des projets éducatifs locaux, la réforme des rythmes… », se réjouit Yves Fournel, qui annonce la participation du réseau à la prochaine concertation sur les rythmes scolaires.
Assises de l’éducation en 2012 – Pour nourrir cette participation, le réseau organisera des Assises de l’éducation en 2012 et appelle à une réunion des associations d’élus, afin de présenter des propositions convergentes.
Une rencontre de l’observatoire national des politiques éducatives à l’automne au Sénat complètera la démarche.
Le RFVE affiche donc son soutien au ministre de l’Education, sans octroyer de blanc-seing : « Nous reconnaissons le courage de Vincent Peillon qui s’attaque à la réforme des rythmes scolaires, mais nous affirmons clairement aussi que le soutien des collectivités ne sera possible que si l’Etat assume sa part. »
Réinterroger le financement de la petite enfance – Et Yves Fournel d’enfoncer le clou : « Dans ce contexte budgétaire contraint, il sera nécessaire de réinterroger les choix d’orientation financière. Nous assistons par exemple à un gaspillage d’aides individuelles, avec les déductions fiscales, alors que nous étions capables de créer plus de berceaux avec moins de fonds. Il faut réinterroger le financement de la petite enfance ».
Le 6 juillet avec Georges Pau-Langevin – Pour compléter son tour d’horizon des questions éducatives au sein des ministères, le Réseau français des villes éducatrices sera reçu vendredi 6 juillet au matin par la ministre déléguée à la Réussite éducative, Georges Pau-Langevin.
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