Championnat d’Europe de football, tour de France, Jeux olympiques : l’été aura été sportif et nombreux sont ceux qui ne s’en plaindront pas. Cette actualité aura émoussé notre attention et, sans parler du Mali ou de la Syrie, on a peu évoqué le non-financement des bourses aux étudiants et le trou existant pour financer le dixième mois de celles-ci.
Le manque est chiffré à presque 150 millions d’euros, sans compter les 50 millions manquants pour assurer les paies des enseignants du supérieur jusqu’à la fin de l’année 2012.
Comment, dès lors, ne pas s’interroger sur la volonté d’un pays de préparer son avenir alors que l’on sait que l’effort dans l’enseignement supérieur et la recherche est sans doute celui qui y aide le mieux, dans un contexte de compétition internationale.
Mais l’on s’interroge davantage lorsque, au même moment, on apprend que la collectivité publique sera appelée à cofinancer de façon indirecte (voirie, aménagement de zones, transports publics…) le projet de grand stade de la Fédération française de rugby (600 millions).
Quand on sait que l’équilibre financier du Stade de France, déjà très coûteux avec un partenariat public-privé raté, sera davantage compromis, on se dit que la crise des finances publiques n’est peut-être pas encore partagée par tous.
En effet, pas moins de quatre projets sportifs d’envergure fleurissent en Ile-de-France : la rénovation du stade Jean-Bouin (150 millions), celle du parc des Princes pour l’euro 2016, l’extension de Roland-Garros et la rénovation du palais omnisports de Paris Bercy (plus de 100 millions), sans compter le nouveau stade de rugby à Nanterre ou le vélodrome à Saint-Quentin-en-Yvelines.
A l’évidence se posent des questions d’arbitrage budgétaire et d’aménagement du territoire. Dans le même esprit, on peut évoquer la grande salle symphonique de Paris, qui siphonnera plus de 40 % des crédits musicaux du ministère, et sur laquelle même des revues spécialisées en musique classique s’interrogent.
Encore beaucoup de chemin reste à parcourir pour une concertation globale avec les collectivités locales et une programmation pluriannuelle digne de ce nom.
Quant aux étudiants et aux chercheurs, ils patienteront jusqu’à la candidature française aux JO de 2024 !
Thèmes abordés




