«La rentrée scolaire des enfants handicapés a eu lieu dans la même cacophonie que l’an dernier », a regretté Sophie Cluzel, présidente de la Fédération nationale des associations au service des élèves présentant une situation de handicap (Fnaseph), le 20 septembre.
D’après les extrapolations de sa veille téléphonique, la Fnaseph estime qu’il y a toujours entre 5000 et 6000 enfants handicapés sans solution qui restent à la maison. Un chiffre identique aux années précédentes. « Quel que soit leur parcours par la suite, nous considérons que ces enfants sont sous la responsabilité de l’Education nationale, et qu’elle doit les prendre en compte ! », s’insurge Sophie Cluzel.
Pour Philippe Van Den Herrewegue, délégué ministériel à l’emploi et à l’intégration des personnes handicapées, les familles rencontrent toujours le même type de difficultés. Les problèmes recensés depuis la rentrée par la cellule d’aide téléphonique « Aide handicap école » qui répond aux familles et intervient auprès des académies pour trouver des solutions de scolarisation concernent pratiquement tous la question des auxiliaires de vie scolaire (AVS) : « soit l’AVS fait défaut, soit son temps de présence est inférieur à celui que la Maison départementale du handicap (MDPH) a notifié, soit encore, l’auxiliaire prévu ne se présente pas le jour de la rentrée », résume le délégué ministériel.
Aucune anticipation des besoins – Sophie Cluzel salue le recrutement de 1500 auxiliaires de vie scolaire individuels annoncé par Jean-Marc Ayrault début juillet, ainsi que la promesse de transformer plus de 4 000 contrats uniques d’insertion en 2 300 emplois d’auxiliaires de vie scolaire mutualisés, la notion d’aide mutualisée ayant été introduite par le décret du 23 juillet 2012, pour les élèves qui ne requièrent pas une attention continue. « Mais pour l’instant, rien n’est encore opérationnel. Les recrutements commencent seulement ! Pour cette rentrée, il n’y a eu aucune anticipation. Les 1500 embauches promises vont-elles suffire ? Personne n’est aujourd’hui capable de le dire car il n’y a pas de remontée des besoins identifiés par les MDPH », s’insurge Sophie Cluzel.
Quant à l’aide mutualisée, les MDPH n’ont pas encore pu la notifier puisque le guide d’évaluation et d’aide à la décision (GEVA-Sco) conçu pour améliorer l’évaluation de l’élève en situation de handicap, n’a été présenté aux référents scolarisation des MDPH que le 11 septembre dernier.
Qualité versus quantité – Et Philippe Van den Herrewegue de rappeler qu’en matière de scolarisation des enfants handicapés, ce n’est pas tant la quantité d’enfants scolarisés qui compte, que la qualité de l’accompagnement. « Le métier d’AVS n’existe toujours pas, a-t-il rappelé. Vous pouvez devenir AVS du jour au lendemain, sans formation, et vous occuper d’un enfant autiste. C’est invraisemblable ! Il faut aussi que les enseignants soient formés à la gestion du handicap, afin que l’orientation de l’enfant soit enfin personnalisée, et non décidée par défaut, en fonction du type de handicap. »
Quel métier pour l’accompagnement ? – « Une réflexion interministérielle sur la fonction d’accompagnement scolaire a été promise pour fin septembre par Vincent Peillon. Mais aucune date, et aucun agenda n’ont pour l’instant été fixés », s’inquiète Sophie Cluzel, qui réclame d’urgence « un chantier technique, et non philosophique » sur le métier d’accompagnant. Quel sera le référentiel de formation ? Crée-t-on des fonctionnaires de l’Education nationale pour l’accompagnement ? Les AVS doivent-ils au contraire être rattachés aux départements ? Quel sera le cadre emploi ?… Autant de questions politiques et financières qu’il sera difficile de trancher avant l’adoption de la loi de finance pour 2013.
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