« Investir dans l’éducation, c’est la meilleure façon de répondre aux grands enjeux de notre pays », a rappelé le président de la République lors de la remise du rapport sur la concertation nationale sur la refondation de l’école, le mardi 9 octobre 2012. Il estime que les personnels et les parents d’élèves étaient prêts à ce que l’école change, de même que les «élus locaux, s’ils sont convaincus que cela va dans l’intérêt de l’enfant ». François Hollande fait découler cette nécessité du constat des échecs que connaît l’école, avec le creusement des inégalités sociales ainsi que la sortie prématurée du système scolaire sans diplôme de 140 000 élèves chaque année.
Le chef de l’Etat assied ses priorités quinquennales en matière d’éducation sur deux grands principes :
- la réussite pour tous
- l’école du futur.
Certaines des priorités de sa feuille de route intéressent plus particulièrement les collectivités. A savoir :
Au chapitre de la « réussite pour tous » :
- priorité est donnée au primaire, et notamment, à la maternelle avec le choix de la scolarisation des moins de trois ans, surtout dans les quartiers défavorisés (échéance : rentrée 2013 )
- il faut faciliter les transitions entre les différents degrés, notamment, entre le CM² et la 6ème
- Mieux articuler l’enseignement en lycée professionnel et l’alternance, les régions sont appelées à définir la carte des formations professionnelles
- Créer un service régional de l’orientation ( échéance : rentrée 2013)
- La lutte contre le décrochage scolaire devra faire appel à un encadrement dans l’établissement et en-dehors
- La mise sur pied d’une aide personnalisée aux établissements, en fonction de leur spécificités, pour pallier aux lacunes de l’actuelle éducation prioritaire
Semaine de 9.5 demi-journées – L’école du futur vise, quant à elle, le déploiement des nouvelles technologies, ce qui repose sur une certaine collaboration de la part des collectivités.
Elle inclut aussi la réforme des rythmes scolaires.
François Hollande se prononce en faveur d’une semaine de 9.5 demi-journées, d’un allégement de la journée et d’un « temps éducatif » partagé avec les collectivités, dès 2013. «L’Etat ne peut agir seul, il faut associer les collectivités territoriales dans le cadre d’un projet éducatif territorial » estime le président.
Imprécision de la feuille de route des collectivités – « Enfin, il se passe quelque chose ! » se réjouit Colombe Brossel, adjointe au maire de Paris chargée de la vie scolaire et de la réussite éducative.
«Des points comme la gratuité, la relation entre le public et le privé ont été oubliés par cette concertation, mais elle a levé les tabous des devoirs, des notes, des redoublements, du choix de l’orientation par les parents. Et entendre qu’il faut assurer la réussite de tous les élèves, dans la bouche du chef de l’Etat, c’est important » abonde Jean-Jacques Hazan, président de la FCPE.
Plus circonspecte, Anne-Sophie Benoit, présidente de l’Andev, relève le manque de précision de la feuille de route pour les collectivités : le contenu du temps éducatif à la charge des communes, ainsi que son coût, sont encore à définir. L’élue parisienne se veut néanmoins optimiste : « je retiens l’inscription du PEL dans la loi, ce qui n’était pas gagné. Nous devrons aborder prochainement les questions d’accompagnement humain et en ingénierie, ainsi que la question de la péréquation entre collectivités ».
« Il y eu des hauts et des bas » mais la concertation a permis d’aboutir à « un diagnostic enfin partagé sur l’état de l’école », a ajouté la sociologue, Natalie Mons, qui a également participé à la rédaction du rapport et que souligne que « notre système s’essoufle », créateur d' »inégalités sociales, territoriales ».
L’ancien recteur Christian Forestier également rapporteur de la concertation, a confié : « c’est la première fois où je vois afficher avec autant de force cette priorité à l’école primaire ».
Références




