L’Union nationale interfédérale des oeuvres et organismes privés sanitaires et sociaux (Uniopss) a déclaré, le 26 juin, craindre que les travailleurs pauvres ne soient les laissés-pour-compte du revenu de solidarité active (RSA). Ce dernier, inscrit dans l’avant-projet de loi « en faveur du travail, de l’emploi et du pouvoir d’achat » présenté en conseil des ministres le 20 juin, est censé à assurer aux bénéficiaires de minima sociaux, RMI et API (allocation parent isolé) notamment, un revenu supplémentaire s’ils reprennent un travail. Mais ce texte ne mentionne pas les minima sociaux pour les handicapés, les chômeurs en fin de droit ou les « travailleurs pauvres ».
« Dans l’avant-projet de loi, les travailleurs pauvres ne sont plus concernés », contrairement au RSA initialement (en avril 2005) imaginé par Martin Hirsch, ancien président d’Emmaüs, devenu Haut commissaire aux solidarités actives contre la pauvreté [dans le gouvernement Fillon II], a constaté Bruno Grouès, conseiller technique du pôle lutte contre les exclusions de l’Uniopss.
Dès lors, risque de se produire « une grave inégalité entre les bénéficiaires du RMI ou de l’API, qui auront droit au RSA, et les travailleurs pauvres, qui ne bénéficient pas de minima sociaux mais sont en dessous du seuil de pauvreté (774 euros par mois pour une personne seule) », a-t-il expliqué. Selon l’Union, la France ils seraient 7 millions en France.
Par ailleurs, « seuls ceux [les bénéficiaires de minima sociaux, ndlr] qui travaillent vont gagner plus », a-t-il poursuivi. Or, « beaucoup de personnes ne sont pas en mesure, temporairement ou sur une plus longue durée, d’exercer une activité, parce que la vie leur a frappé trop dur sur la tête. Or, pour eux, le RMI ne progressera pas », a-t-il déploré.
L’Uniopss demande que pour ces personnes, « les minima sociaux soient conservés » et que le RMI (440,86 euros pour une personne seule en métropole) soit maintenu comme un « droit inconditionnel ».
Celui-ci a regretté également qu’il n’existe « aucun chiffre, dans l’avant-projet de loi, sur le montant du RSA », ajoutant qu’il aurait souhaité au moins « une fourchette ».
Enfin, l’Uniopss, qui compte parmi ses adhérents aussi bien des associations gestionnaires de foyers d’hébergement que des centres hospitaliers ou des services d’aide à domicile, a dit « craindre que le projet soit bouclé trop vite », avant même les résultats des expérimentations entamées dans une quinzaine de département et qui doivent durer trois ans.
Social
L’Uniopss, dubitative sur le revenu de solidarité active
Publié le 26/06/2007 • dans : A la une, France
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