Pourquoi ce courrier à tous les maires de France ?
Les maires et adjoints, quelle que soit leur sensibilité politique, demandent à être entendus et écoutés au sujet du mariage pour tous à double titre : ils sont amenés à célébrer les mariages en tant qu’officiers de l’état civil et ils sont des observateurs de ce qui se passe sur leurs communes.
La réforme envisagée par le gouvernement représente un risque de fragiliser les familles et il y a des inquiétudes liées à la filiation et à la parentalité. Ce n’est pas neutre de faire disparaître du Code civil le terme de père et de mère et de les remplacer par parents.
Pour vous, le projet de réforme remet en cause le mariage ?
Oui. Le mariage républicain n’est pas qu’un contrat, ça va au-delà, c’est une institution. Et il y a cette force symbolique de l’altérité homme-femme.
Il n’est pas question de nier, bien sûr, les difficultés individuelles qui peuvent exister, sur l’affirmation de son identité sexuelle et de ses préférences sexuelles.
Il ne s’agit pas d’être déconnecté du présent, ni de rester sur une image surannée du mariage. Pour autant, je pense que chaque situation individuelle ne doit pas se traduire par un changement de la loi.
La loi doit être normative.
Que comptez-vous faire en cas de vote de la loi ?
Si la loi venait à être adoptée, le Collectif des maires pour l’enfance, qui a lancé le 10 octobre un appel auprès de tous les maires et maires adjoints, de gauche comme de droite, demanderait une objection de conscience.
Tout officier de l’état civil qui ne souhaiterait pas célébrer de tels mariages doit pouvoir invoquer cette clause de conscience.
En toute opération où nous représentons l’Etat, on peut avoir recours au pouvoir de substitution par le préfet. C’est ce qui se fait, parfois, dans le cas d’élections.
Il n’y a pas de rupture de légalité. C’est pour moi évidemment la solution pour les mariages homosexuels et je déposerai des amendements qui iront dans ce sens si c’est nécessaire.
On verra s’ils prospèrent.
J’ajoute que j’attends aussi qu’un large débat soit ouvert en dehors de l’enceinte parlementaire sur cette question qui concerne toute la société.




