I. L’ORIGINE DE LA CRISE : L’EXPLOSION DE LA BULLE IMMOBILIERE AUX ETATS-UNIS
A. La crise des « subprimes »
Les banques américaines ont proposé des emprunts-logement à des tarifs attractifs grâce à l’important nombre de familles souhaitant acheter un logement à crédit.
Ces prêts ont, à terme, permis l’accès à l’immobilier à des ménages ne présentant pas de garanties nécessaires pour accéder aux emprunts ordinaires (« no-income,
no-job, no-asset » : pas de revenu, pas de travail, pas de patrimoine), ils ont finalement mené à la crise du marché immobilier hypothécaire des Etats-Unis, à savoir celle des « subprimes ».
B. L’effondrement économique des banques américaines
Le taux moyen de défaut de paiement des ménages augmente petit à petit et passe d’environ 11 % au début de 2006 à plus de 20 % en 2008.
Quand les défauts de paiement se produisent de façon massive et simultanée (comme c’est le cas dans la crise des subprimes), la « titrisation1 » dissémine le risque dans l’ensemble du système financier.
L’incertitude suite aux évènements du 11 septembre cumulée notamment à la baisse de taux d’intérêt des bons du trésor à 1 % ainsi que d’autres facteurs conjoncturels créent un climat de méfiance dans lequel les banques arrêtent de se prêter entre elles.
Dès lors que de tels prêts sont devenus risqués, les banques ont cherché à s’en débarrasser en les transformant, depuis leur bilan passif, en titres échangeables sur les marchés. Pour se financer, elles se voient contraintes de vendre des actifs qui n’ont pas encore été touchés par la crise. Par conséquent, la vente massive d’actifs de « bonne » qualité entraîne également une chute de leur prix.
L’implosion de la bulle immobilière conduit à l’effondrement du modèle économique de Wall Street : les produits dérivés (et notamment les subprimes) ne peuvent plus être « titrisés[1] » et transférés aux investisseurs, car la source qui les alimentait (les versements mensuels des familles) s’est épuisée. Les banques se retrouvent coincées avec ces titres devenus « toxiques ».
De ce fait, à l’été 2007, les places européennes et asiatiques assistent, impuissantes, à la chute des cours boursiers de 2 à 8 %.
A court de liquidités et face à la dépréciation de leurs fonds propres, nombre d’institutions financières se trouvent au bord de la faillite.
[1] La technique de la titrisation est apparue aux Etats-Unis dans les années 1970 et, originairement, elle avait pour but de permettre aux banques d’émettre davantage de crédits. La titrisation consiste à rassembler des prêts de même nature (comme les emprunts-logement) dans un portefeuille de titres financiers qu’on appelle « titres adossés à des actifs » (TAA). Ce portefeuille est placé sur le marché. Le regroupement des titres permet, en principe, d’éviter qu’ils subissent de trop grandes fluctuations sur le marché.
A ce moment, les banques centrales interviennent avec des injections massives de liquidités : leur intervention restitue une certaine confiance aux marchés, mais la situation est précaire.
Cependant, à terme, l’annonce du plan de sauvetage des banques ne rassure guère les marchés qui, le 6 octobre 2008, réagissent avec l’un des pires krachs boursiers de l’histoire : en l’espace d’une semaine, les indices se précipitent et les places européennes et asiatiques enregistrent une perte supérieure à 20 %.
La crise atteint son point culminant en octobre 2008 quand les autorités américaines décident de ne pas sauver la banque d’investissement Lehman Brothers, décision qui provoquera la déstabilisation du marché financier mondial.
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