Faut-il reporter la réforme des rythmes scolaires à 2014 ? Certaines fractions de l’Association des maires de France posent la question, dans un communiqué daté du 25 octobre 2012, qui fait surface en fin de vacances scolaires.
Ecoles rurales – « C’est le souhait émis par le président de l’AMF, car nous nous rendons compte que certaines écoles rurales rencontreront des difficultés pour appliquer la réforme », explicite Pierre-Alain Roiron, maire (PS) de Langers.
S’agit-il d’un retour en arrière quant au soutien affiché jusqu’alors par les maires de France à la réforme des rythmes scolaires ? « L’objectif de cette réforme est bon, il faut tout faire pour la rentrée 2013, mais ce qui est souhaitable n’est pas forcément possible », reprend l’élu socialiste.
Ce qui est souhaitable n’est pas forcément possible – Comment les promoteurs de l’Appel de Bobigny, qui militent pour cette réforme depuis des années, entendent-ils ce souhait ? Présidente de l’Association des directeurs de l’éducation des villes (Andev), Anne-Sophie Benoit « comprend une telle requête, qui n’est pas incohérente. Nous sommes toujours dans l’attente du cadrage national, alors que tout changement technique au sein des collectivités s’avère lourd à enclencher ».
Il faut en effet « prendre en compte le temps de négociations avec les agents, les syndicats et les comités techniques paritaires. Sans compter le temps de la concertation avec les familles, que tout maire républicain aura à cœur de mener. »
Par ailleurs, insiste la responsable, les budgets sont en passe de finalisation, « et nous demeurons sans réponse sur la question de l’accompagnement financier des collectivités ».
Enfin, il faut selon elle « penser que toutes les communes sans accueil périscolaire affronteront de grandes difficultés, puisqu’il leur faut créer un service entier à leur charge ».
Echéances électorales – Pourrait-on, dès lors, envisager une réforme en deux temps ? Absolument pas, s’écrient les responsables de réseau : « Ce serait un prétexte à ne rien appliquer du tout ! Si la réforme n’a pas démarré en 2013, tout le monde sait que rien ne se fera, car 2014 et 2015 comportent des échéances électorales », s’alarme Yves Fournel, président du Réseau français des villes éducatrices (RFVE), rejoint par Anne-Sophie Benoit : « Ce serait dommageable : une telle démarche va à l’encontre du besoin de cohérence sur le territoire, de continuité éducative que nous prônons à l’Andev. »
Il n’en reste pas moins que l’impatience monte chez les représentants des collectivités, qui attendent des précisions sur de nombreux points pour engager la réorganisation de leurs services municipaux et, pour certains, une consultation locale des parents et enseignants.
« Pour appliquer la réforme, nous ne pouvons pas nous contenter des annonces sur le temps éducatif partagé entre les enseignants et les communes. Il faut ouvrir les négociations avec la CAF et tendre, dans le cadre des activités périscolaires, vers le respect des normes d’accueil des accueils de loisirs sans hébergement (ALSH) », énumère Yves Fournel, qui ajoute : « Il faut toutefois le faire en tenant compte des réalités du terrain, sans chercher à imposer ces taux à toutes les communes d’emblée. »
Pacte – Par ailleurs, une fois le cadre national posé, son organisation souhaite que le mode d’allégement de la journée de classe « soit laissé à la décision locale : à savoir, l’allongement de la pause méridienne, ou la sortie anticipée, ou un mélange des deux ».
De son côté, Pierre-Alain Roiron insiste sur la nécessité « d’un pacte entre les collectivités locales, l’Etat et l’Education nationale, pour que tous fassent des efforts selon leurs moyens et à leur rythme. Sans doute faut-il réfléchir à la manière d’adapter la réforme aux communautés de communes ou d’agglomérations. »
Réunion lundi 12 – Verdict lundi 12 novembre, peut-être, date d’une réunion officielle avec Vincent Peillon, qui a convoqué les associations d’élus.
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