Requise par l’Association des maires de France, l’étalement de la réforme des rythmes scolaires sied-elle au Réseau français des villes éducatrices, principal promoteur de l’Appel de Bobigny(1) et moteur du débat sur les rythmes ? « Nous souhaitons que toutes les conditions soient réunies pour que la réforme s’applique dès 2013 », avance son président, Yves Fournel.
Mais l’inquiétude du réseau porte surtout sur l’utilisation des Projets éducatifs locaux (PEL), dont l’intérêt est reconnu par le ministre de l’Education, qui entend bien les inscrire dans la future loi de refondation de l’école.
« Le PEL repose sur un diagnostic partagé des besoins d’un territoire, la construction de partenariats dans la durée, la contractualisation des moyens, ainsi que l’évaluation des résultats, raison pour laquelle nous soutenons l’observatoire national des PEL, qui peut donner un cadre à ces projets », détaille l’élu lyonnais.
Le réseau, qui compte parmi ses membres le plus grand nombre de villes ayant expérimenté des aménagements des rythmes en école élémentaire, entend donc surtout « surveiller de près les termes de la loi de refondation de l’école ».
Articuler les temps de l’enfant au plus près des besoins – « Les communes et les intercommunalités sont les seules capables d’articuler les temps de l’enfant au plus près des besoins. Il faut donc reconnaître leur rôle de coordinateurs de tous les acteurs. Pas question de voir les établissements du second degré érigés en chef de file, sous prétexte qu’ils ont une expérience de l’autonomie », martèle Yves Fournel.
Le réseau souhaite en outre une contractualisation des PEL alignée sur le mandat municipal.
250 millions : mais encore ?
Pour paraphraser son président, le Réseau français des villes éducatrices ne boude certes pas son plaisir à l’annonce d’un fonds de 250 millions d’euros pour accompagner la réforme des rythmes scolaires en 2013. Reste cependant à en clarifier les critères d’attribution : c’est l’enjeu des jours à venir et de la toute dernière réunion de travail prévue entre les associations d’élus.
« Il faut cependant compléter ce fonds par une vision à long terme. Nous avions chiffré l’application de la réforme, sur 5 ans, à 600 millions d’euros. Il est nécessaire d’avoir des financements pérennes, ou de nombreuses villes s’engageront dans la réforme dans de mauvaises conditions », prévient Yves Fournel, président du RFVE.
Le scenario promu par le réseau implique le recours aux prestations de la CAF, au travers de l’instauration progressive des taux d’encadrements des centres de loisirs dans les activités périscolaires.
« Mais ce n’est pas le seul accompagnement dont les villes ont besoin : certaines manquent des compétences administratives, or l’Etat dispose d’administrations déconcentrées et doit s’engager à aider ces collectivités. D’autres communes manquent de moyens humains et l’Etat pourrait flécher une partie des services civiques et des emplois d’avenir pour la mise en place de la réforme », relève Colombe Brossel, adjointe (PS) à l’éducation à Paris, membre du réseau.
Pour accompagner les collectivités sans PEL, le RFVE organise à leur endroit 6 réunions d’échanges de pratiques en avril prochain.
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Note 01 Manifeste élaboré par des villes, des associations d’éducation populaire... pour une autre éducation Retour au texte




