L’auteur, Sylvère Chirache, met au jour « une coproduction asymétrique de cette politique publique dont on ne perçoit pas une évolution sensible à court terme sans changement profond dans la réorganisation des moyens ».
Adapter l’offre aux besoins du territoire régional… – Le projet de loi sur la décentralisation, maintenant attendu pour mars prochain, pourrait venir apporter un tel changement. Mais rien n’est assuré en la matière. Selon la dernière version connue du texte, dévoilée le 7 janvier 2013 par Le Courrier des maires, la région deviendrait « la seule collectivité en charge de la formation ».
Et le document précise simplement que l’adoption d’une carte régionale des formations professionnelles initiales sera intégrée au projet de loi de refondation sur l’école, et qu' »il permettra d’adapter l’offre de formation aux jeunes aux besoins du territoire régional », dans un cadre fixé par le contrat de plan régional de développement de la formation professionnelle (CPRDFP), co-construit entre l’Etat et les régions(1).
Ce qui est déjà censé être le cas avec le système existant…
Communication politique mise à mal – L’étude du ministère de l’Education est d’ailleurs assez critique sur la situation actuelle. L’enchevêtrement de compétences, non seulement accroît la complexité de l’action publique locale, mais « n’est pas favorable à la visibilité de la politique régionale ».
Une faible visibilité qui fait que les bénéficiaires d’une formation ne connaissent pas les décideurs publics à l’origine des dispositifs, et qui « prédispose mal à la communication politique, contrairement au domaine des transports publics ».
Pour parvenir à ces conclusions, Sylvère Chirache a examiné dans le détail 7 CPRDFP : Alsace, Centre, Champagne-Ardenne, Corse, Réunion, Nord-Pas-de-Calais et Rhône-Alpes.
Léger progrès – L’étude indique notamment que la partie « diagnostic » de ces documents, qui visent à aider à construire l’offre de formation, n’est pas toujours très développée et « reprend même souvent des éléments de diagnostic de niveau national, notamment sur l’emploi ou la prospective ».
Alors qu’on attendrait la prise en compte des spécificités du territoire…
Les CPRDFP énonceraient simplement « de grands objectifs généraux », même si l’étude note « un léger progrès » dans la précision de ces objectifs.
Catalogues d’intentions générales – L’intensité prescriptive demeure très faible, souligne enfin Sylvère Chirache. Ces documents « restent souvent des catalogues d’intentions générales, et nécessitent d’être complétés par des fiches d’action précises engageant l’Etat ».
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