Oui, il est difficile de travailler avec les enseignants ; oui, il y a une réticence forte de leur part à considérer le travail éducatif des animateurs du périscolaire à sa juste valeur ; oui, il est ardu pour les enseignants d’accepter en tant que véritable temps éducatif, basé sur une vraie pédagogie, les moments d’activités périscolaires organisés par les collectivités territoriales.
Mais, en termes de traitement salarial, je précise qu’un enseignant du premier degré avec dix ans d’ancienneté ne bénéficie jamais que d’un salaire de 1 650 euros par mois, bien qu’étant agent public de catégorie A, alors qu’un enseignant du second degré, de même ancienneté, avoisinera les 2 000 euros, sans compter les quelques heures supplémentaires (HSA ou HSE) et autres indemnités (ISO) qu’il pourra éventuellement glaner.
Gardons-nous donc surtout d’opposer de la sorte les « gens de l’éducation » à travers une redite stérile de « lutte des classes », inutile et démobilisante. Pour bien apprécier une situation, il faut en avoir une vision lucide et, en l’occurrence, les enseignants sont loin d’être des nantis.
Soyons imaginatifs, positifs et ouverts – L’aménagement des rythmes scolaires donne l’occasion unique de mettre en place une véritable collaboration entre les membres de la communauté éducative, autour et au service des enfants ; ne gaspillons pas cette opportunité, cette chance, en rentrant dans des débats qui n’ont plus cours.
Soyons imaginatifs, positifs et ouverts, surtout nous, dans les collectivités, pour bâtir un climat rassurant et offrir des temps éducatifs de qualité à nos enfants.
La réussite de cette réforme qui, ne l’oublions pas, va bien au-delà des seules modifications horaires, passera par le rassemblement de tous autour de ce projet de société.
Pour replacer l’école au cœur des préoccupations, il nous faut donc faire la preuve de notre expertise éducative. Et effectivement, il nous revient, à nous territoriaux (encore me direz-vous), de faire le premier pas vers une institution scolaire en crise.
Mais c’est une condition essentielle pour instaurer cette confiance qui aidera les enseignants à prendre, à nos côtés, le virage de la réforme.
Un directeur de l’éducation plein d’espoir(1).
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Notes
Note 01 Emmanuel Dutay a tout récemment été nommé directeur général des services (DGS) de Ballan-Miré (Indre-et-Loire). Retour au texte

