A travers cette mobilisation, l’organisation syndicale, qui a créé en mars 2012 un collectif national travaillant sur cette filière après d’importants conflits d’éboueurs (à Lyon et Bordeaux notamment), entend relayer les revendications des agents en matière de reconnaissance de la pénibilité de leur travail.
Celle-ci n’est en effet « plus forcément inscrite dans les arrêtés municipaux régissant ces activités, ce qui entraîne des disparités entre collectivités, certains agents étant inscrits en catégorie active et d’autres non », précise Michel Caussemille, référent du collectif au niveau national.
La fédération réclame donc l’intégration des chauffeurs de bennes à ordures et des engins des centres de traitement, ainsi que des agents de déchetterie et de centres de traitement dans la catégorie active avec départ à la retraite à taux plein anticipé de cinq ans.
« Nous avons volontairement englobé tous les agents de la filière car les problèmes de pénibilité se posent pour chaque catégorie, notamment pour tout ce qui relève de la manipulation », précise Sébastien Cravero, délégué CGT permanent à la communauté d’agglomération de Martigues (13) et ancien éboueur.
Agents « fracassés » – Sébastien Cravero pointe par ailleurs la situation spécifique des éboueurs, pour lesquels le collectif demande l’intégration dans la catégorie insalubre, qui permet un départ anticipé à la retraite plus intéressant qu’avec la catégorie active (10 ans au lieu de 5). Ces agents, qui ont une espérance de vie plus courte que la moyenne, sont ainsi nombreux à souffrir de troubles musculo-squelettiques, de maladies respiratoires ou infectieuses.
Sébastien Cravero évoque ainsi des « collègues fracassés » avant d’avoir atteint l’âge de la retraite. « C’est pourquoi nous demandons également qu’au moment de l’embauche d’un éboueur, le service ressources humaines envisage dès ce moment-là ses possibilités de reclassement au bout de 15 ans. »
Autre exigence portée par la Fédération CGT-SP pour cette journée du 6 mai, celle de la « pleine maîtrise publique » pour les missions de collecte et de gestion des déchets. « Ce sont des activités qui attisent la convoitise de grands groupes multinationaux », signale ainsi Michel Caussemille.
L’ensemble de ces revendications ont été relayées dans un courrier adressé le 11 avril par le secrétaire général de la Fédération CGT-SP à la ministre de la Fonction publique, Marylise Lebranchu, que l’organisation syndicale a par ailleurs sollicitée pour qu’une délégation du collectif de la filière collecte et traitement des déchets soit reçue le 6 mai.

