Le projet de décret contient six articles :
Trois d’entre eux établissent le cadre formel de ce fonds :
- art. 1 : le fonds s’appelle « fonds d’amorçage pour la réforme des rythmes scolaires dans le premier degré »
- art.5 : sa gestion est confiée à une « agence de services et de paiement »
- art. 6 : le ministre de l’Education exécute le décret
Les trois articles restants cadrent le fonctionnement du fonds d’amorçage :
- L’article 2 détaille le calcul des aides : « Le montant des aides prévues au 1° et au 2° de l’article 47 de la loi du XX juillet 2013 susvisée est égal au produit du taux correspondant par le nombre d’élèves scolarisés dans les écoles publiques et dans les classes sous contrat des écoles maternelles et élémentaires privées dont les enseignements sont organisés sur neuf demi-journées par semaine dans les conditions fixées à l’article D. 521-10 du code de l’éducation. » Le texte précise en outre que le nombre d’élèves est calculé au 15 octobre 2013.
- L’article 3 établit qui peut prétendre à la majoration forfaitaire du fonds d’amorçage : les communes bénéficiant de la dotation urbaine de cohésion sociale, celles qui bénéficient de la dotation de solidarité urbaine, les communes des DOM et Saint-Pierre et Miquelon bénéficiant de la quote-part de la dotation d’aménagement. Les collectivités bénéficiaires de la majoration forfaitaire en 2013 la recevront en 2014.
- L’article 4 stipule que l’aide est versée en deux fois : un 1/3 de la part forfaitaire et, le cas échéant, de la majoration forfaitaire est versé avant le 31 décembre, le restant avant le 30 juin.
Compliqué – « L’Etat a respecté sa parole, il tient ses engagements sur les taux d’encadrement et le financement des TAP (temps d’activités périscolaires créé par la réforme, NDLR) et c’est bien. En outre, l’Etat s’engage à ne pas verser d’aide aux écoles privées par l’intermédiaire des collectivités », analyse Yves Fournel, pour l’AMGVF.
Mais les élus anticipent des complications : « C’est étonnant de verser l’aide en deux fois et d’en réserver la plus grande partie au second versement, car cela revient à demander aux collectivités d’avancer les fonds. Or, l’embauche d’animateurs périscolaires représente une hausse d’environ 25% de nos dépenses», relève Cédric Szabo, directeur de l’AMRF.
Le président du Réseau français des villes éducatrices pointe une autre difficulté liée à la mise en place de la réforme des rythmes scolaires : « Avec les TAP, la plage horaire des activités périscolaires s’étalera sur 2 heures. Or, la CAF ne financera que 45mn de TAP, aux taux d’encadrement intermédiaires et le restant du temps, au taux actuel. C’est d’autant plus compliqué que ces financements n’induisent pas le même nombre d’animateurs. Cela nous oblige à ne pas avoir de continuité dans les activités périscolaires envisagées. »
Mais ce qui inquiète les maires ruraux et l’AMF, attachés à la pérennisation du fonds d’amorçage, « c’est que l’aide est versée au regard du statut de la commune : or, si elle n’est ni en DSU, ni en DSR, elle ne recevra que l’aide forfaitaire (50 euros). Enfin, tout est conditionné à la négociation de la COG entre l’Etat et la CNAF et on ressent une grande insécurité, surtout pour les collectivités qui ont choisi de partir en septembre 2013 », complète Cédric Szabo.
L’AMF rejoint l’analyse des maires ruraux de France : « Au fond, très peu de communes bénéficieront des 90 euros. Il faudrait des règles de calcul plus justes, qui tiennent compte des capacités fiscales et du taux d’imposition des territoires, même si celles qui sont exposées ne sont pas les pires » estime Pierre-Alain Roiron, pour l’AMF.
Les aides: comment ça marche
En 2013 : 50 euros pour chaque enfant +40 euros si la commune est en DSR-cible ou DSU-cible.
En 2014 : 0 euros pour celles qui se lancent, 45 euros par enfant pour celles qui sont parties en 2013 et bénéficiaient alors de la DSR-cible ou DSU-cible.
Plus de 700 communes « dans les choux »
Les recteurs ont jusqu’au 28 juin 2013 pour identifier toutes les communes éligibles au fonds d’amorçage. En effet, quelques 700 communes, surtout de petite taille, ne se sont pas prononcées sur leur date d’application de la réforme : elles sont donc réputées l’appliquer en 2013 ! D’autres, ayant annoncé leur volonté de report, n’ont pas accompli les démarches nécessaires. Même difficulté concernant les écoles privées : certes, la réforme des rythmes ne s’impose pas à elles, mais elles l’appliquent, elles sont éligibles au fonds d’amorçage. Pour accompagner la mise en œuvre de ce décret, le ministère de l’Education affine donc en ce moment une note d’instruction aux recteurs, leur explicitant les conditions d’éligibilité au fonds, le calendrier de sa mise en place, ainsi que son fonctionnement. Cette note met à leur disposition des courriers-types destinés aux maires et aux gestionnaires des organismes de gestion des écoles privées.
Cet article fait partie du Dossier
Rythmes scolaires : les communes à l'heure des choix
Sommaire du dossier
- Temps périscolaires : les communes peu convaincues par le « Plan mercredi »
- Un nouvel outil pour accompagner le plan Mercredi
- Une rentrée scolaire sous le signe assumé du pragmatisme
- Rythmes scolaires: le retour en force de la semaine de quatre jours d’école
- Les conséquences du retour de la semaine de quatre jours d’école
- Retour à la semaine de 4 jours : vraiment une source d’économie pour les communes ?
- Rythmes scolaires : le décret d’assouplissement publié, malgré les oppositions
- Rythmes scolaires : entre remise en cause et stabilité
- Assouplie, la réforme des rythmes scolaires reste obligatoire
- Rythmes scolaires : une réforme génératrice d’inégalités ?
- Rythmes scolaires : clichés et contre-vérités passés au crible
- Les animateurs, grands oubliés de la réforme des rythmes scolaires ?
- Financement des rythmes scolaires : les mauvaises manières du gouvernement
- Rythmes scolaires : élus et techniciens mécontents de voir le fonds de soutien lié au PEDT
- Rythmes scolaires : le virage à 180 degrés du ministère de l’Education nationale
- Rythmes scolaires : sur le terrain, ce que vivent les équipes municipales, à quelques jours des vacances
- Bal tragique des rythmes scolaires : un enterrement
- Réforme des rythmes scolaires : un maire peut-il refuser de l’appliquer ?
- [Exclusif] Rythmes scolaires : « Je mesure la difficulté de la mise en œuvre de cette réforme pour de nombreux élus » – Vincent Peillon, ministre de l’Education
- Un assouplissement de la réforme des rythmes scolaires : oui, mais lequel ?
- Rythmes scolaires : selon leur taille, les collectivités n’ont pas les mêmes urgences
- Réforme des rythmes scolaires : le CNFPT enrichit son offre de formation
- Réforme des rythmes : les enseignements du colloque de la Gazette du 14 novembre
- Rythmes scolaires : combien va coûter la réforme aux collectivités locales?
- Réforme des rythmes : les ressources documentaires du colloque de la Gazette du 14 novembre
- Surcoût de 10 à 30% pour les communes qui ont appliqué la réforme des rythmes scolaires
- Transports scolaires, « le maillon oublié » de la réforme des rythmes scolaires
- Rythmes scolaires : les désillusions des animateurs périscolaires
- Réforme des rythmes : entre enseignants et animateurs, le fossé se creuse – interview croisée
- [Exclusif] Rythmes scolaires : le projet de décret détaille les critères d’attribution du fonds d’amorçage
- Projet de loi sur la refondation de l’école : l’Andev sur la réserve, le RFVE moins
- Rythmes scolaires : les premières annonces appellent des précisions sur les moyens
- Ressources documentaires
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