Les syndicats et associations (*) de professionnels des services de protection maternelle et infantile (PMI) ont remis le 3 novembre au ministre délégué à la famille, Philippe Bas, une « plateforme d’objectifs et de revendications ».
Réunis à Paris à l’occasion du 60ème anniversaire de la création de la PMI, par l’ordonnance du 2 novembre 1945, médecins, puéricultrices, sages-femmes et assistantes sociales ont alerté le ministre sur les conséquences sociales de la « dégradation progressive et sournoise » des moyens dont ils disposent pour remplir leur mission. Evolution, qui, disent-ils, se fait « sous couvert de réorganisation, de transversalité, de polyvalence médicale, de gestion plus rationnelle ».
« Alors que les PMI devraient figurer parmi les priorités des départements, elles sont souvent mises à mal », déplore Christine Bellas-Cabane, présidente du Syndicat national des médecins de PMI (SNPMI). « Beaucoup de conseils généraux affirment qu’ils veulent centrer leurs efforts sur les populations les plus en difficultés. Or de nombreux rapports ont montré la pertinence de la PMI pour la promotion de la santé familiale et infantile »
Les professionnels de la PMI ont pointé des disparités inouïes d’un département à l’autre (lire encadré). Constat d’autant plus surprenant que la loi du 18 décembre 1989 relative à la promotion et à la protection de la santé de la famille et de l’enfance définit les conditions d’exercice des missions de la PMI.
D’où une première revendication : la création d’un « organisme » de régulation, définissant des normes d’activités des services de PMI conformes à l’évolution des besoins. Cet organisme, qui serait placé auprès du ministère de la Santé, veillerait aussi au respect de la loi par les conseils généraux et collecteraient données statistiques, informations et expériences. « Ce serait un lieu de confrontation d’idées et d’élaboration de projets », imagine Pierre Suesser, du SNMPMI, qui réclame, qu’au minimum, un bureau enfance-famille soit créé à la Direction générale de la Santé.
Autre évolution dénoncée par les professionnels de PMI : le recours de plus en plus fréquent à des vacataires ou des contractuels aux postes de médecins, infirmières, puéricultrices, psychologues. Situation qui rend les postes médicaux et para-médicaux en collectivité peu attractifs. « C’est d’autant plus grave que l’évolution de la démographie médicale va rendre les recrutements de plus en plus difficiles », souligne Christine Bellas-Cabane. Les co-signtaires de la plateforme réclament donc une revalorisation statutaire des personnels de PMI au niveau des autres professions de santé du secteur public. Enfin, ils demandent le relèvement de la participation obligatoire des organismes d’assurance-maladie au financement des actions relevant de la PMI.
(*) Association nationale des puéricultrices diplômées et étudiants, Association nationale des sages-femmes territoriales, CFDT-Fédération Interco, CGT Fédération des services publics, FO-Fédération des personnes des services publics des départements et des régions, Snu-Clias-FSU, Sud-Fédérations santé-sociaux et collectivités locales, Syndicat national des médecins de PMI




