« Seuls 20% des enfants avaient jusque-là accès à une offre de loisirs périscolaires notamment le mercredi matin. La réforme va permettre de réduire ces inégalités ». En visite à Feyzins (Rhône), Vincent Peillon, le ministre de l’Education nationale a insisté sur les bienfaits de la réforme des rythmes scolaires, non seulement pour la qualité de l’apprentissage, mais aussi pour la réduction des inégalités entre les enfants en matière d’activité éducative.
Selon le ministère de l’Education nationale, l’accès à l’offre de loisirs périscolaires varie aujourd’hui de 1 à 10 selon les ressources des familles.
Nouvelles inégalités ? – Le SNUipp-FSU n’est pas aussi optimiste. Le premier syndicat du primaire a dévoilé une enquête le même jour indiquant que les activités périscolaires prévues pour les 1,3 millions d’élèves scolarisés dans les 4000 communes qui adoptent la semaine de 4,5 jours dès cette rentrée montrent une « extrême diversité », « voire des inégalités » dans leur contenu, l’encadrement et leur coût.
Selon le syndicat, dans certaines communes, les activités se réduisent à « de la garderie », quand d’autres proposeront judo, cuisine, astronomie…
Les activités seront tantôt gratuites, tantôt payantes, tenant compte ou pas du quotient familial, par soir, ou bien sur forfait… Certains paieront ainsi 0,10 euro par soir et par enfant, d’autres un euro par soir, ou bien 30 euros maximum par an…
Dans 43% des écoles, les élèves finiront les cours à 15h45 quatre jours par semaine et auront 3 heures de cours le mercredi matin.
Dans 10% des écoles, comme à Paris, les cours se termineront à 16h30 deux jours par semaine et à 15h00 deux autres jours, plus trois heures le mercredi matin.
Seules 28 écoles feront cours le samedi matin.
Tous les établissements prêts pour cette rentrée bénéficieront du fond d’amorçage créé par la loi du 8 juillet 2013, permettant une dotation forfaitaire de 50 euros par élève.
A Feyzins, la ville visitée par Vincent Peillon, la municipalité proposera ainsi aux enfants chaque jour de classe trois types d’activité entre 15h45 et 18h00 : des parcours semestriels, des ateliers éducatifs et des aides aux leçons. Gratuit pour les familles, le dispositif a été évalué à 200 euros par enfant et par an, soit 200 000 euros par an.
Les Français plus réticents qu’en 2012 – L’inquiétude monte également chez les Français.
Selon le sondage Harris interactive pour le SNUipp-FSU(1), 49% des Français estiment que la réforme des rythmes est une bonne chose contre 47% pensent l’inverse.
Dans un même sondage réalisé en août 2012, ils étaient 67 % à approuver la réforme, soit 18 points de plus qu’aujourd’hui.
Les parents sont en effet de plus en plus nombreux à penser que ces nouveaux rythmes vont compliquer leur vie, pénaliser les activités extrascolaires de leurs enfants et créer des inégalités alors que la réforme ne va pas nécessairement alléger la journée de leur progéniture ni régler les problèmes principaux de l’école.
Chatel partisan de la réforme – Les partisans du projet soulignent en revanche les bénéfices d’un rythme de travail mieux réparti au cours de la semaine pour les enfants et les avantages de pratiquer davantage d’activités périscolaires.
Parmi eux, l’ancien ministre de l’Education nationale Luc Chatel, qui a salué la réforme sur France Inter mardi 27 août, se disant cependant favorable « d’une réforme globale du système » et pas seulement « sur la question du mercredi matin à l’école primaire ».
« Je reproche au gouvernement actuel de l’initier sans associer les principaux intéressés, c’est-à-dire les familles et les élèves mais aussi les collectivités locales » qui, selon lui, doivent financer les nouvelles dépenses. « Cela représente 2 points de fiscalité supplémentaires pour la ville de Chaumont », commune dont il est maire, a-t-il déclaré.
Pour des activités gratuites – Une opinion que la plupart des administrés semblent partager. Seul un tiers des Français interrogés considère que sa commune a les moyens à la fois en termes d’infrastructure et de personnels de prendre en charge ces activités. Pour autant, ils ne sont que 36% a accepter de payer davantage d’impôts locaux pour les financer dans leur commune. Une immense majorité de sondés (62%) souhaitent que les activités périscolaires soient gratuites.
Le coût de la scolarité baisse de 4%, selon l’association CSF
Le coût de la scolarité en 2013 va baisser en moyenne de 4,08%, selon l’enquête annuelle réalisée par la Confédération syndicale des Familles (CSF) publiée mardi 27 août, qui intègre les dépenses effectuées à la rentrée et pendant l’année.
Cette baisse est imputable notamment à la réduction du prix de certaines fournitures scolaires comme les cahiers, ou les clés USB « qui enregistrent un prix en baisse de 26% », a précisé la CSF.
Toutefois, il convient de « relativiser » cette baisse, dit l’association, compte tenu du coût induit par l’équipement demandé aux filières professionnelles, qui enregistre « une hausse moyenne de 3,05% ».
Inégalité financières et disparités territoriales – Le coût de la scolarité varie en fonction du niveau d’études. Pour un élève inscrit en CP, les frais de scolarité augmentent de 2,14% à 121,42 euros, alors qu’ils baissent de 5,40% à 317,78 euros en 6e.
« Les familles doivent faire face à d’autres frais au cours de l’année scolaire », a rappelé la CSF, comme les assurances, les voyages, la cantine, etc. Il existe en outre des disparités territoriales dans les frais de scolarité ainsi que dans leur prise en charge par les collectivités, les aides versées aux familles étant « très différentes d’un territoire à l’autre », a précisé l’association.
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Notes
Note 01 L'enquête a été réalisée par téléphone du 29 juillet au 10 août auprès d'un échantillon de 1.009 personnes représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, selon la méthode des quotas avec redressement. Retour au texte




