Pour les acteurs de l’action sociale de proximité, cette rentrée est marquée par l’incertitude. Incertitude du contexte économique et de ses conséquences sociales. Si reprise il y a, quels effets sur la précarité ? Peu, sans doute, dans l’immédiat. Car la précarité ne concerne pas seulement les personnes sans emploi, pour lesquelles une diminution du chômage serait évidemment favorable, mais aussi celles en CDD et en temps partiel imposé.
L’organisation du travail en France génère de la précarité pour les salariés les moins protégés, dans le secteur privé comme dans le public.
Incertitude aussi sur les moyens de l’action sociale : dans un contexte budgétaire contraint, ces dépenses, plus que jamais en augmentation, semblent un puits sans fond. D’autres dépenses sont plus faciles à défendre : construire un équipement, investir dans le numérique… c’est directement parier sur l’avenir, relancer des entreprises, développer le territoire.
Refonder l’action sociale – A côté, les dépenses de solidarité paraissent un mal nécessaire, dans l’attente que le malade se soigne pour qu’il ne coûte plus ! Certains, pour provoquer le débat, en ont même récemment parlé comme d’un « boulet financier ». Dans ce contexte, on s’accorde facilement sur la nécessité de refonder l’action sociale. Mais comment ?
En s’appuyant mieux sur les ressources des personnes, les solidarités familiales ? En traquant les injustices ?
Martin Hirsch, lors du dernier congrès de l’Association nationale des cadres communaux de l’action sociale, démontrait que les tarifs des services de première nécessité (téléphone, assurances, banques) étaient supérieurs pour les petits consommateurs – les plus pauvres – pour lesquels, paradoxalement, le coût de la vie est ainsi plus élevé. Une piste nouvelle de travail ?
Incertitude, enfin, sur l’organisation de l’action sociale locale. Il faut attendre encore pour y voir plus clair sur les incidences de l’acte 3 de la décentralisation. La réforme permettra-t-elle une meilleure cohérence de l’action vers un vrai parcours individuel accompagné des personnes ?
L’action sociale redistributrice, réductrice des inégalités financière et d’insertion participe du progrès social, de l’émancipation de chacun et de la protection de tous. Dans ce climat mouvant et flou, elle nécessite d’autant plus d’être portée par des ambitions fortes.
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