Les travailleurs sociaux affûtent leurs arguments en prévision des Etats généraux programmés pour le printemps 2014, voulus par le gouvernement dans l’objectif de « refonder le travail social ». Mardi 8 octobre, ils étaient environ 1 500, selon l’intersyndicale FSU-SNUCLIAS, CGT SP, SUD-CT, FA-FPT, à manifester en parallèle d’un colloque organisé par le CSFPT, le FNCDG et le CNFPT sur le thème : « Quelles évolutions pour la filière sanitaire et sociale de la FPT ? ».
Déception – « Nous avons été dupés », estime Didier Bourgoin secrétaire général du FSU-SNUCLIAS, « les décrets maintenant les travailleurs sociaux de la FPT en catégorie B dans le cadre du Nouvel espace statutaire ont été publiés en juin dernier alors que des négociations étaient enfin sur le point d’aboutir, après vingt ans d’attente, pour leur passage en catégorie A.
Nous savons que nous devrons maintenant patienter jusqu’au printemps prochain pour que la question soit à nouveau abordée dans le cadre de la mission confiée par la ministre de la Fonction publique Marylise Lebranchu à Bernard Pêcheur sur l’évolution de la Fonction publique ». Et d’ajouter : « Tous nos interlocuteurs institutionnels s’accordent à prétendre vouloir requalifier l’ensemble des métiers du social. Le président de la République, lui-même, tient un discours positif à notre égard. Dans les territoires, les questions de sens du travail social sont activement discutées à différents niveaux. Et pourtant, la valorisation statutaire ne suit pas ».
Manifeste – Angèle Lamora, secrétaire générale adjointe de SUD-CT souligne, qu’au-delà de la contestation, le mouvement se veut force de proposition dans le cadre de la préparation des Etats généraux. « Nous avons rédigé un manifeste, « Le travail social avec des professionnels promoteurs de droits et de lien social », pour rappeler notre attachement à un travail social au service des usagers », explique-t-elle.
Les signataires déclarent ainsi « que ne sont pas aux pratiques professionnelles des travailleurs sociaux de s’adapter à la crise » et appellent à « repenser dans l’urgence les politiques sociales ». L’idée de ces Etats généraux a été lancée sur un constat de hausse de la demande en lien avec la précarisation, de risque d’isolement des professionnels et d’interrogation de ces professionnels sur les directives à appliquer. « Nous ne sommes pas des agents de régulation de l’action sociale », commente Didier Bourgoin, qui fait état de l’inquiétude des personnels « à qui l’on demande d’appliquer des mesures qui visent à faire des économies ». « À travers ce manifeste, nous voulions rappeler les valeurs de solidarité qui nous portent. Nous faisons des métiers d’engagement », insiste-t-il.
Calendrier – Dans la perspective des Etats généraux programmés au printemps 2014, des ateliers interrégionaux et des manifestations diverses vont se dérouler tout au long de cette fin d’année 2013. Les travailleurs sociaux ont ainsi rendez-vous pour les Journées du travail social organisées par la Fédération nationale des associations d’accueil et de réinsertion sociale (FNARS), intitulées « Evolution des précarités, R-évolution du travail social ? », les 7 et 8 novembre 2013 à Valence. Un colloque doit également se tenir le 5 décembre 2013 à l’Assemblée nationale sur le thème du travail social. À terme, les Etats généraux déboucheront sur un plan d’actions pluriannuel en faveur du travail social.
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