Parmi les maîtres mots de la stratégie nationale de santé figurent les notions de promotion de la santé, prévention, parcours de santé coordonné, prise en charge globale, coopération entre professionnels, service public territorial de santé…
Simultanément, les services de PMI – qui ont fait leurs preuves en appliquant ces principes de longue date – sont fragilisés dans de nombreux départements.
Beaucoup de consultations de nourrissons et de femmes enceintes, de bilans de santé en maternelle sont supprimés. Les délais de rendez-vous s’allongent, le suivi d’enfants après 2 ans se restreint, les visites à domicile en pré et post-natal se raréfient. On ne compte plus les postes vacants (médecins, mais aussi puéricultrices et sages-femmes).
Démographie professionnelle inquiétante – Le désengagement de cette politique de santé publique par les ministères de la Santé successifs, combiné à l’investissement très inégal de leurs missions de santé par les départements, y est pour beaucoup. Cela, alors que la prévention reste peu valorisée dans notre système et qu’il manque une gestion prospective pertinente de la démographie professionnelle.
Ainsi 66 % des médecins de PMI seront retraités en 2020, mais le gouvernement tarde encore à réaligner leur statut sur celui homologue à l’Etat (réformé il y a treize ans) malgré un avis unanime en ce sens du Conseil supérieur de la FPT et le risque de voir les jeunes médecins, pourtant attirés par le salariat et l’approche globale de la santé, se détourner de la territoriale si peu attractive au plan statutaire.
Alors oui, une stratégie nationale de santé digne de ce nom suppose d’associer sur chaque territoire les équipes de PMI à une instance publique formalisant une coopération locale fonctionnelle avec les acteurs de santé concernés. Mais pour cela, le dispositif de PMI doit bénéficier d’une nouvelle impulsion des pouvoirs publics :
- création d’une instance nationale définissant la politique de promotion et protection de la santé familiale et infantile ;
- plan d’urgence pour accroître la démographie professionnelle intervenant en PMI ;
- maintien dans tous les départements de services de PMI dirigés par un médecin et comprenant des personnels qualifiés aux plans médical, paramédical, psychologique, social ;
- accroissement du financement de la PMI par l’Etat et les agences régionales de santé, l’assurance maladie et les collectivités.




