Le thème des XVIIIe Etats généraux des élus locaux contre le SIDA (ELCS), organisés le 27 novembre 2013, était « Quand la discrimination se dédouble ». Qu’entendez-vous par là ?
Dans nos pays riches, on peut heureusement accéder aux traitements et les vrais problèmes en France pour les personnes séropositives et les personnes malades du SIDA sont la précarité et la discrimination. L’Ile-de-France connaît la moitié des cas de SIDA en France, Paris un quart, avec 40 000 personnes atteintes, ce qui représente plus que la population des 1er et 2e arrondissements. Pourtant, ces personnes semblent invisibles. En fait, elles ont tellement peur des discriminations, qu’elles n’osent pas révéler leur maladie. On est passé d’une espèce de compassion vis-à-vis de cette maladie à une culpabilisation. Il est plus difficile de révéler sa séropositivité aujourd’hui qu’il y a 25 ans. Il y a eu des progrès médicaux considérables, mais qui n’ont pas été accompagnés de progrès sociaux. Aujourd’hui, les séropositifs doivent se battre pour cacher leur séroposivité, plus que contre le virus.
Le SIDA peut-il être un sujet de campagne lors des prochaines élections municipales ?
Elus locaux contre le SIDA va envoyer un questionnaire aux candidats dans les grandes villes et nous publierons leurs réponses sur le site de l’association. Par ailleurs, nous avons créé en 2011, un label « Ville engagée contre le SIDA ». Nous avons eu du mal à le lancer, mais cela démarre enfin ! Annecy est devenue la 4e ville labellisée en novembre 2013 et Montpellier deviendra la 5e ville labellisée le 2 décembre. Béthune va se porter candidate. Nous espérons que ce sera le cas d’une dizaine de villes dans les prochains mois. Notre but est de créer un véritable réseau de villes engagées contre le sida et de créer ainsi un corpus de bonnes pratiques. Il n’y a jamais eu autant de gens qui vivent avec le SIDA, or le sujet n’est plus dans l’agenda politique et médiatique. Il s’agit certes d’une compétence nationale, mais les élus de proximité peuvent jouer un rôle essentiel en matière de prévention et de lutte contre les discriminations. C’est le slogan de notre association : « le SIDA se soigne aussi par la politique ! »
Cinq communes pionnières
Cinq commune sont obtenu le label « Ville engagée contre le SIDA », décerné par l’association Elus locaux contre le SIDA :
- Carrières-sous-Poissy (78)
- Puteaux (92)
- Aubervilliers (93)
- Annecy (74)
- Montpellier (34)
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