Mercredi 27 novembre, les 27 sénateurs de la mission commune d’information (MCI) « Sport professionnel et collectivités locales » ont un peu refait le match. Ils organisaient une table ronde sur le modèle économique des stades, un thème rebattu, tant par des rapports parlementaires – le dernier en date, sur le financement public des grandes infrastructures sportives, a été remis par les sénateurs Jean-Marc Todeschini et Dominique Bailly le 17 octobre – que dans des colloques, comme l’Arena Economic Forum, organisé par le Moniteur à paris en septembre 2013. Pour ne citer que les plus récentes occurrences…
Limiter les financements publics – L’objectif de la MCI étant de permettre aux collectivités locales de mieux répondre aux exigences des clubs et des organisations sportives, elle n’a toutefois pas souhaité contourner des questions majeures :
- Quelles sont les retombées économiques d’un stade au niveau local ?
- A qui doivent appartenir les stades : aux clubs ou aux collectivités territoriales ?
- Comment éviter les mésaventures rencontrées par des villes comme Le Mans ou Grenoble ?
- Quel bilan peut-on faire des différents modes juridiques d’exploitation ?
- Comment rééquilibrer les relations entre clubs professionnels et collectivités territoriales ?
- Faut-il limiter la part du financement public ?
Pour y répondre, dans le contexte de sortie de terre ou de rénovation des nouveaux stades de l’Euro 2016 et alors que le CNDS vient d’annoncer qu’il ne subventionnerait plus, au-delà de cette compétition, les équipements dédiés au sport pro, les sénateurs ont entendus – l’économiste du sport Jean-Pascal Gayant, le conseiller régional de Rhône-Alpes Étienne Tête, le directeur général de l’Océane Stadium du Havre Alain Caldarella, le directeur opérationnel de Vinci Stadium Damien Rajot et le président de l’Olympique lyonnais Jean-Michel Aulas.
Un aléa sportif qui fait peur – Où l’on apprenait que l’une des questions centrales en matière de football professionnel – il n’a quasiment été question que de football dans la table ronde sénatoriale – reste l’aléa sportif.
Ainsi, pour Jean-Pascal Gayant : « Si la part de financement privé doit augmenter et se substituer aux fonds publics, il faut réduire le risque de relégation des clubs. » Les déconvenues du Mans, dont le stade flambant neuf se retrouve aujourd’hui sans club résident, ont été, de ce point de vue, au cœur des débats.
Une mauvaise affaire pour la collectivité, d’autant qu’elle s’était tournée vers un financement en PPP que Jean-Michel Aulas a qualifié de « propre à renchérir significativement le coût d’un stade ».
Autre facteur d’accroissement des coûts d’investissement : « La licence club, accordée par la Ligue de football professionnel, qui parfois pousse au crime des collectivités auxquelles on demande des équipements disproportionnés pour pouvoir accéder au reversement de droits TV », comme l’a détaillé Jean-Pascal Gayant.
Enfin, plusieurs acteurs ont pointé quelques inconnues en termes de retour sur investissement (qu’il soit public ou privé), que cela tienne à la difficulté à attirer de grands spectacles internationaux (« contraintes d’agendas fortes pour les tournées et concerts », selon Étienne Tête) ou à cause de raisons sociologiques (« addiction au foot moins prononcée en France qu’ailleurs en Europe », selon Jean-Pascal Gayant).
Modèles européens – Quoi qu’il en soit, la MCI sénatoriale n’en est pas à conclure ses travaux. Elle a certes déjà auditionné, depuis octobre, de nombreuses personnalités, dont beaucoup de représentants d’élus : Sébastien Sémeril, pour l’AdCF, Jacques Thouroude, pour l’Andes, Jean-Marie Darmian, pour l’AMF, Pascal Bonnetain, pour l’ARF, Robert Cadalbert, pour l’AMGVF, Claudy Lebreton, pour l’ADF. Mais il lui faut également investiguer à l’étranger afin de remettre un rapport complet, probablement au printemps 2014.
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