« Il est urgent de statuer ! », tel est le mot d’ordre du SNMPMI qui traduit l’exaspération des médecins territoriaux face au silence prolongé du ministère de l’Intérieur et du ministère de la Fonction publique sur la question de la revalorisation de leur statut. Il y a exactement un an, à l’automne 2012, le SNMPMI avait été reçu par le cabinet de Marylise Lebranchu et celui de Manuel Valls et avait obtenu l’assurance que gouvernement examinait des dispositions visant à acter cette réévaluation.
Reprise du dialogue – « En parallèle de notre manifestation, nous avons obtenu d’être reçus, ce vendredi 29 novembre, par le cabinet de Madame Lebranchu et nous espérons que cette reprise de dialogue permettra d’avancer. Nous comptons notamment faire valoir le fait que le Conseil supérieur de la fonction publique territoriale (CSFPT) a voté, au printemps 2013, à l’unanimité en faveur de l’alignement indiciaire des médecins territoriaux sur les médecins inspecteurs de santé publique », explique Pierre Suesser, président du SNMPMI.
Recrutement en danger – Le SNPMI rappelle que les médecins inspecteurs de santé publique ont obtenu la revalorisation de leur statut voilà plus de dix ans et les médecins de l’éducation nationale en 2011. « La comparaison salariale avec toutes les formes de médecine salariée est au détriment des médecins territoriaux », souligne le syndicat. Au-delà d’une demande d’alignement entre les différents statuts de médecins de la fonction publique, les médecins territoriaux constatent que l’absence de revalorisation rend leur profession non attractive alors même que la pyramide des âges de leur profession est défavorable. « En 2020, 66 % des médecins de PMI seront retraités. Le risque est grand de voir les jeunes médecins, pourtant attirés par le salariat et l’approche globale de la santé, se détourner de la territoriale si peu attractive au plan statutaire », analyse le SNMPMI. En raison de postes restant vacants, les services de PMI seraient d’ores et déjà fragilisés dans certains départements avec de longs délais de rendez-vous et un suivi des enfants et des femmes enceintes restreint.
« 200 à 300 » médecins dans la rue
Ils étaient « entre 200 et 300 » à manifester à la mi-journée en direction du ministère de la Fonction publique, a indiqué Pierre Suesser.
Selon M. Suesser, la France compte environ 3.000 médecins territoriaux titulaires et 4.000 non-titulaires, plus des deux-tiers exerçant en PMI, les autres s’occupant notamment des personnes âgées ou handicapées.
Ces fonctionnaires, dont la grille salariale n’a pas été revue depuis 1992, selon M. Suesser, réclament d’être alignés sur le statut des autres médecins de la fonction publique. Les médecins inspecteurs de santé publique ont notamment bénéficié d’une revalorisation en 2000, les écarts entre les deux professions pouvant atteindre quelque 500 euros bruts mensuels.




