Patrick Kanner, président de l’Union nationale des centres communaux d’action sociale (Unccas)
Comment comptez-vous vous opposer à l’amendement au projet de loi sur les libertés locales qui autorise les communes à ne pas créer de CCAS ?
Nous allons utiliser les semaines qui nous séparent de l’examen du texte par l’Assemblée nationale pour lancer une pétition nationale, auprès de nos adhérents, et au-delà, auprès des représentants des associations qui travaillent avec nos CCAS. Je pense que nous recueillerons des milliers de signatures.
Comment interprétez-vous cet amendement ?
On cherche à favoriser la re-municipalisation de l’action sociale, que l’on veut sans doute banaliser par ce biais, alors que les CCAS constituent un outil historique et original. Dans cette affaire, le débat de fond est de savoir si les communes veulent disposer d’un établissement public spécialisé. Je réponds évidemment : oui ! Car les CCAS se composent d’élus et de professionnels spécialistes des questions sociales. Or le social requiert des qualités spécifiques. Certains voient dans les CCAS un contre-pouvoir à la municipalité. Quand c’est le cas, cela veut dire que cette dernière ne s’investit pas suffisamment dans l’action sociale. Sinon, le CCAS n’est que le bras séculier de la politique sociale de la ville.
Les CCAS ne sont guère mentionnés dans les différents projets de loi relatifs à la décentralisation sociale, Cela vous inquiète-t-il ?
Je reste confiant. Car plus les départements développent leurs politiques sociales, plus ils ont besoin d’opérateurs sur le terrain pour les mettre en oeuvre. En ce sens, le renforcement des compétences des départements en matière sociale est plutôt une bonne nouvelle pour les CCAS. Mais les conseils généraux doivent comprendre qu’ils ont besoin du relais des communes et que les politiques sociales de ces dernières doivent, elles- aussi, se développer.




