Les carences éducatives constituent le principal facteur de danger selon l’enquête annuelle de l’Odas qui plaide pour développer le soutien à la parentalité.
Une dizaine de jours après la mort de deux enfants strasbourgeois de 13 mois et 4 ans, victimes de maltraitances familiales, et la déclaration de Christian Jacob, ministre délégué à la Famille, qualifiant la maltraitance de « fléau national », la dernière enquête annuelle sur l’enfance en danger de l’Observatoire national de l’action sociale décentralisée (Odas), publiée le 15 octobre, apparaît quelque peu rassurante. Le nombre de signalements s’est en effet stabilisé en 2002 (86 000 contre 85 500 en 2001), selon l’étude de l’Odas qui porte sur l’ensemble des signalements d’enfants traités par les conseils généraux. Par enfants en danger, il faut entendre les enfants maltraités et ceux qui risquent de l’être (1).
Dans le détail, le nombre d’enfants maltraités augmente légèrement (18 500 contre 18 000 en 2001). Mais sur cinq ans (lire graphique), il ne progresse pas. L’Odas l’explique notamment par « le résultat concret des campagnes de sensibilisation qui se sont multipliées ces dernières années ». Depuis 1998, si les signalements de violences physiques et de négligences lourdes ont baissé, en revanche ceux d’abus sexuels (devenus la première forme de maltraitance avec 5900 signalements en 2002, soit une progression de 18% par rapport à 1998) et de violences psychologiques (2000 signalements, soit +17,6%) ont augmenté. Pour ces dernières, l’Odas suggère « de mettre davantage l’accent sur cette maltraitance moins connue et de développer des actions de prévention appropriées, notamment à travers le soutien à la parentalité ».
Concernant les « enfants en risque », pour la première fois, leur nombre stagne alors qu’il progressait régulièrement avant 2001 (près de 6% en cinq ans). Il est passé de 64 000 en 1998 à 67 500 en 2002. « C’est le nombre de familles fragiles qui progresse et non la maltraitance », constate l’Odas. Le risque principal reste, comme les années précédentes, de nature éducative (à 51%).
Par ailleurs, l’enquête confirme les résultats déjà constatés pour les facteurs de danger les plus cités par les départements. En tête, les carences éducatives (difficultés à assumer la fonction parentale) concernent 63% des enfants signalés. Viennent ensuite les conflits de couples (36%) et les problèmes psychopathologiques des parents (16%). Face à ces problèmes, l’Odas plaide pour « développer des démarches individuelles et collectives de soutien à la parentalité ».
(1) Un enfant en risque est un enfant qui connaît des conditions d’existence risquant de compromettre sa santé, sa sécurité, sa moralité, son éducation ou son entretien, sans pour autant être maltraité.




