Notre collègue de Rennes relevait, il y a quelque temps dans ces colonnes (1), le sentiment partagé dans nombre de territoires, d’une rentrée sociale marquée par la montée des incertitudes.
Observateurs experts des besoins sociaux, les CCAS sont les témoins des précarités à facettes multiples, qui chamboulent et invalident en partie les méthodes usuelles de l’action sociale. Ils peinent à pouvoir discerner l’urgence dans l’urgence. Les incertitudes assomment et les craintes légitimes peuvent confiner à la paralysie générale.
Oser des réponses nouvelles – « Main sociale » des villes, les CCAS ont toutefois l’avantage de pouvoir calibrer leur intervention au gré de politiques locales volontaristes, moins empesées que d’autres par la gestion de prestations et dispositifs sociaux de masse. Leur culture les engage à oser des réponses et interventions nouvelles, expérimentales et apprenantes.
Lutter contre la déshumanisation progressive des grandes administrations sociales, qui éloigne les bénéficiaires et produit davantage d’insatisfactions et de non-recours, suppose de développer des organisations plus ouvertes, disponibles, généralistes et proches des habitants. Notre établissement s’est ainsi réorganisé pour ouvrir, au cœur des quartiers, de nouvelles antennes sociales qui offrent un panel de services généralistes et une réponse globale à des questions multiples.
Parallèlement, nous œuvrons à contractualiser avec des institutions comme la CAF ou la CPAM pour comprendre leur logique de fonctionnement, mieux coordonner nos rôles respectifs et simplifier la réponse aux bénéficiaires dans une logique de prise en charge partagée.
Aux questions de surendettement, nous répondons par la mise en œuvre de micro-crédits personnalisés qui dépassent l’aide sociale classique et nous associons le monde bancaire, pour agir mieux dans la prévention des situations, le repérage précoce ou la pédagogie bancaire. En matière d’hébergement d’urgence et d’accès au logement, nous avons œuvré à la création d’un groupement de coopération sociale départemental fédérant villes et associations pour porter ensemble les dispositifs de veille sociale et développer de nouvelles réponses adaptées, rapides et pertinentes. Nos raisons d’agir sont vastes et de nombreux terrains de mobilisation sont encore disponibles.
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