Le développement d’une plateforme territorialisée de gestion des déchets dans la région des Alpilles (Bouches-du-Rhône), la mise en place d’un système d’assistance aux bénéficiaires de places en établissement d’hébergement pour personnes dépendantes dans la ville de La Verrière (Yvelines), la création d’une Maison de l’économie solidaire centrée autour des métiers verts et des services à la personne sur le territoire du Pays de Bray (à cheval sur les départements de l’Oise et Seine-Maritime)… : voilà quelques exemples des 23 projets territoriaux de coopération économique (PTCE) distingués vendredi 10 janvier à l’occasion de l’annonce des lauréats de l’appel à projet pour le développement des PTCE, lancé le 15 juillet.
Cécile Duflot, ministre du Logement et de l’Egalité des territoires, et Benoît Hamon, ministre en charge de l’Economie sociale et solidaire (ESS) étaient d’ailleurs présents à la cérémonie, à laquelle s’était également joint leur homologue à la Ville, François Lamy.
Le principe des PTCE consiste à regrouper, sur un même territoire, des entreprises de l’ESS qui, en association avec d’autres entreprises le plus souvent, mais parfois également avec des collectivités locales comme dans les exemples cités ci-dessus, des centres de recherche ou encore des organismes de formation, « mettent en oeuvre une stratégie commune et pérenne de mutualisation au service de projets économiques socialement innovants, porteurs d’un développement local durable et créateurs d’emplois dans les territoires », ont ainsi rappelé les ministères dans un communiqué commun.
Un premier pas – Les projets primés, qui couvrent le champ de l’insertion par l’activité économique, des services aux personnes, des activités culturelles, des énergies renouvelables, de l’agriculture biologique…, vont être financés sur trois ans (budget de 3 millions d’euros, porté par les trois ministères représentés). Benoît Hamon, après avoir rappelé que la loi ESS prévoyait la reconnaissance des PTCE (article 5), s’est d’ailleurs engagé à ce que la première tranche de financement soit « consentie d’ici la fin mars » et a réaffirmé le « soutien clair et entier des pouvoirs publics » à ces projets qui font passer le modèle entrepreneurial de l’ESS « de la théorie à la pratique », tandis que Cécile Duflot a estimé qu’ils symbolisaient « le passage de l’âge des pionniers à celui de la généralisation ».
Côté lauréats, Stephano Graceffa, qui coordonne le PTCE “Lille Métropole solidaire” qui a pour ambition de « développer des formes innovantes d’accompagnement de projets s’inscrivant dans une logique de développement local durable », juge intéressant que l’on reconnaisse une démarche qui, contrairement par exemple aux pôles de compétitivité, très soutenus la puissance publique, soit « initiée par des groupements d’acteurs constitués sur le terrain ».
Pour Claude Alphandéry, président du Labo de l’ESS, qui a impulsé les PTCE avec le RTES (Réseau des collectivités territoriales pour une économie solidaire), ces distinctions sonnent certes comme « une consécration » du travail de regroupement et de coopération engagé depuis les Etats généraux de l’ESS, mais elles ne constituent qu’un « premier pas ». Avant de lancer : « L’aventure continue ! ».
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