Souvent envisagée du point de vue des enseignants, des parents ou des services municipaux, la réforme des rythmes a été examinée, une fois n’est pas coutume, du point de vue des associations.
Ces dernières peuvent prendre directement part au dispositif mis en place par les communes, au travers de l’animation d’ateliers périscolaires, ou… subir la nouvelle organisation, qui les prive des créneaux du mercredi matin.
« Concrètement, nous avons perdu 100% des inscrits aux ateliers du mercredi matin et 30% des inscrits à la journée du mercredi. Notamment, tous les enfants qui fréquentent l’école privée, car elle n’appliquera pas la réforme des rythmes. Qui plus est, cette année, nous n’avons pas pu accueillir les enfants des communes environnantes qui ne sont pas encore passées à la réforme », estime David Giachino, directeur du centre de loisirs la Maison de la Tour d’Irigny, en périphérie lyonnaise.
David Giachino ne dresse pas un tableau alarmiste de la situation, car « nous travaillons bien avec la ville, qui a su réunir l’ensemble des partenaires pour choisir les nouveaux rythmes et un groupe de travail s’emploie à corriger les problèmes.»
Il n’en reste pas moins que le centre de loisirs, autrefois en situation de monopole sur les activités de loisirs et les accueils périscolaires d’Irigny, se trouve aujourd’hui en concurrence avec toutes les autres associations locales. Peut-on, réellement, transférer les activités associatives qui avaient lieu le mercredi matin, aux temps périscolaires suivant les cours en semaine ?
« Nous sommes en compétition pour l’utilisation des locaux, surtout les gymnases, déjà bien utilisés par les enseignants. Les emplois du temps des animateurs deviennent très compliqués et pas du tout attractifs, nous avons du mal à recruter. Et c’est un peu la course pour les enfants et les familles qui ne sont pas demandeuses d’ateliers sur le samedi matin. On est obligé d’engager une réflexion sur le temps de 16h30/18h30, voire, 20h30 », décrit le directeur du centre de loisirs. Dernier impact : « nous avons perdu 1 heure de prestation CAF le mercredi, alors que les coûts se sont alourdis».
Frilosité de la CAF – « La gratuité pour les familles est désormais possible », rappelle Anne-Claire Caste, responsable du pôle partenaire de la CAF du Rhône, avant de décrire les limites du système. Car, inquiète des éventuels dépassements d’enveloppe, la CAF serre les vis comme elle ne l’avait pas fait depuis longtemps.
« L’aide spécifique ne peut être cumulée avec la prestation de service ALSH ou intégrée à un contrat enfance jeunesse. Cette année, la CAF ne fera pas d’avenants aux Contrats enfance jeunesse (CEJ) et ne signera pas de nouveaux CEJ périscolaires, il n’y aura pas de développement des CEJ au titre de 2013/2014 », décrit Anne-Claire Caste.
C’est que la CAF se trouve face à deux inconnues : sa définition du temps périscolaire et extra-scolaire est bouleversée par le choix du mercredi matin pour placer la 9ème demi-journée de cours d’une part. Avant la réforme, le périscolaire englobait les laps de temps avant et après les cours (matin, pause méridienne, soir) et l’extra-scolaire, le mercredi dans son ensemble et les vacances. L’impact du « nouveau » mercredi reste à comprendre.
Et, d’autre part, ne sachant pas anticiper le nombre exact d’enfants qui fréquenteront les temps d’activités périscolaires, il lui est impossible d’évaluer les sommes à provisionner.
Organisée par le Comité départemental de la parentalité et des projets éducatifs locaux (CDPPEL), la journée du 10 janvier a réuni plus de 200 représentants du monde associatif. Le CDPPEL réunit notamment la CAF, l’Education nationale, la direction départementale de la Cohésion sociale, le Conseil général, l’UDAF, la Ligue de l’enseignement, les Francas.
Expérimentation
Le 7 janvier 2014, le conseil d’administration de la CNAF a validé l’extension des taux d’encadrement assouplis au laps de temps périscolaire suivant les « temps d’activité périscolaire » créés par la réforme des rythmes scolaires. En clair : une commune peut pratiquer des taux d’encadrement assouplis entre la fin de la classe et la fin de l’accueil périscolaire du soir. A condition, toutefois, d’avoir signé un projet éducatif de territoire.
Il ne s’agit que d’une expérimentation de six mois, destinée à anticiper au mieux la rentrée scolaire 2014/2015. Elle contient, en filigrane, une interrogation sur la pertinence des accueils périscolaires en maternelle. Sous l’égide du Premier ministre, la démarche fera l’objet d’une évaluation à plusieurs voix : par la CNAF, l’Association des maires de France, les ministères de l’Education et de la Jeunesse et des Sports.
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