Sport

Grands stades : les collectivités malmenées

Par • Club : Club Techni.Cités

Au Sénat, la mission commune d’information « Sport professionnel et collectivités locales » doit rendre ses conclusions au printemps 2014. Elle organisait, ce mercredi 15 janvier 2014, une table ronde sur la place des stades dans la cité. Un débat déséquilibré.

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Des élus inquiets de la marchandisation du sport et de l’avenir de l’esprit du sport, des architectes et promoteurs de grands équipements qui parlent rentabilité et retour sur investissement, des citoyens-experts qui préconisent des solutions aux limites de l’utopisme… A priori, la dernière table ronde de la mission commune d’information (MCI) du Sénat intitulée « Sport et collectivités locales », créée en octobre 2013, n’était pas parti, ce mercredi après-midi, pour mettre tout le monde d’accord. Et, effectivement, même si les débats sont restés fair-play, il n’est pas sorti des échanges une position susceptible de rapprocher les points de vue.

Sources de revenus – Peut-être parce que le thème débattu cette fois-ci – la place des stades dans la cité – n’a pas été pris par le bon bout. Michel Savin, sénateur (UMP) de l’Isère, a ainsi introduit la discussion – après avoir rappelé les visites de la MCI à Nanterre (Arena 92), au siège du PSG et à Roland Garros – en évoquant « des équipements qui deviennent des actifs majeurs et des sources de revenus importantes pour les clubs et pour lesquels on peut se demander s’ils ont encore vocation à être des lieux de convivialité ». Alors, très vite, les discours des différents acteurs ont montré que tout était, en réalité, une question de point de vue.

D’un côté, les architectes et les promoteurs de ces équipements ont expliqué, comme François Clément, architecte du cabinet Populous, que ces grands stades devaient désormais proposer « le maximum d’expériences de consommation » et qu’ils étaient en mesure « de générer par eux-mêmes leur propre tissu urbain ». De l’autre, Brieux Férot, secrétaire général de l’association Tatane (présidée par Vikash Dhoraso), « pour un football durable et joyeux » (sic), a pu exposer ses préconisations en termes de stades conçus comme des lieux de vie ouverts à tous.

Absence de collectivités – Problème : comment demander à des concepteurs et des porteurs de projets, mués par des intérêts privés (la FFR et l’architecte de son futur grand stade dans le sud de l’Ile-de-France notamment, mais aussi les architectes du grand stade de Nice) de se prononcer sur la place que devrait idéalement occuper un grand équipement de ce type dans la ville. Il manquait en effet, cette fois-ci, en l’absence inexpliquée de Patrick Braouzec ( Front de Gauche), président de la communauté d’agglomération Plaine commune et président de la Fondation du football, des élus avertis pour leur apporter la contradiction et faire part de leurs objectifs propres.

Le principe de réalité a d’ailleurs très vite fait tourner le débat autour du financement de ces enceintes XXL devenues nécessairement multifonctionnelles, qui doivent, comme l’a noté le sénateur Stéphane Mazars (RDSE), « transformer le sport en spectacle » et « attirer un public plus aisé » pour générer des recettes, comme en Angleterre. Il a également été question de la possibilité de fermer les ligues de sport professionnel, afin de limiter l’aléa sportif, si cher payé, récemment, par les collectivités à Grenoble et au Mans.

Si bien que l’on peut se demander, à partir du moment où, comme l’a préconisé Jérôme Latta, rédacteur en chef des Cahiers du football, « les clubs devraient être eux-mêmes propriétaires de leurs enceintes » (dès lors qu’ils utilisent une partie des recettes des droits TV pour cela plutôt que pour augmenter leur masse salariale), ils peuvent encore avoir leur mot à dire sur la place des stades dans la cité. Pas sûr. Car soit le stade est un équipement public, collectif qui prend en compte un certain nombre de paramètres propres à la vie de leur cité, soit ce sont des entreprises privées qui, à ce titre, ne grèvent plus les finances publiques pour leur construction et leur fonctionnement mais, inversement, ne se préoccupent que secondairement de leur impact global sur la vie de la cité.

Marchandisation- D’où l’inquiétude du sénateur du Puy-de-Dôme Néri : « Je suis inquiet de cette marchandisation du sport, de cette prise d’assaut par l’argent uniquement destinée à rentabiliser les équipements. » Pas facile de dire si de tels échanges auront fait progresser les travaux de cette MCI sénatoriale, toujours censée remettre un rapport complet au printemps prochain.

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