Les discours se durcissent en ce début d’année électorale, avec les élections professionnelles notamment en fin d’année. Le point d’indice, gelé depuis 2010, ne sera « pas gelé jusqu’à la fin de la mandature », a assuré la ministre de la Fonction publique au micro de RMC/BFMTV jeudi 16 janvier, mais les syndicats ont surtout entendu que le gel vaudrait également pour 2014, voire 2015.
Or le ministère a engagé des discussions sur les bases du rapport de Bernard Pêcheur, afin de définir un agenda de négociations dont l’un des thèmes est pourtant aussi les rémunérations (la rénovation des grilles notamment) (voir encadré ci-dessous).
Austérité – Pour la FGF-FO, ce « contrat social triennal » (2015-2017) « n’est rien d’autre qu’un Pacte d’austérité salariale. « 2014 devait être une année majeure pour la remise à plat de la grille fonction publique, conformément aux engagements du gouvernement après la remise du rapport Pêcheur. Après les déclarations présidentielles, les questions de multiplient », renchérit l’Unsa fonction publique, qui insiste : « Les agents publics trouvent le temps long,très long, trop long. Nous avons déjà dit que le blocage de la valeur du point d’indice pendant trois ans, c’était déjà trop et qu’une quatrième année était insupportable… Après les déclarations du président de la République, notre inquiétude est renforcée. »
Au cours de son discours du 14 janvier, François Hollande a en effet annoncé des économies de l’ordre de 15 milliards d’euros par an d’ici 2017.
Scepticisme – « Cette annonce laisse peu de marges de manœuvre à la vaste négociation qui s’engage. Les syndicats sont sceptiques sur les possibilités d’avancées de ce cycle de négociation ; certains annoncent un processus voué à l’échec », souligne la CFTC.
La FSU a envoyé le 14 janvier un courrier à tous les fonctionnaires, ainsi qu’une lettre au président de la République. Le syndicat regrette que, « une fois encore, les seuls propos tenus sur la fonction publique en aient renvoyé une image négative. Chaque jour, les agents assument leurs missions avec force et conviction. Ils ont pourtant subi et subissent encore le recul de leurs rémunérations, causant des difficultés pour nombre d’entre eux, une réduction drastique des emplois et une réorganisation des services allant parfois jusqu’à les mettre dans l’impossibilité d’exercer normalement leurs missions. »
Revirement de situation – Solidaires n’y va pas non plus par quatre chemins : « La conférence de presse du président de la République sonne le glas de la fonction publique et des services publics. Quel revirement de situation ! En effet, l’ambition affichée depuis les deux dernières conférences sociales était de redonner toute sa splendeur à la fonction publique qui avait été savamment dénigrée par le gouvernement précédent. »
« Aujourd’hui nous avons bien compris que dans le langage présidentiel, la fonction publique et les services publics sont désormais, plus que jamais, assis au banc des accusés. »
Les fonctionnaires sont jugés responsables du déséquilibre budgétaire, insiste Solidaires, et « le gouvernement va poursuivre son travail de sape de cet élément moteur de la cohésion sociale ».
Travail de sape – La CGT refuse aussi que la fonction publique « fasse une fois de plus les frais des nouvelles réductions de dépenses publiques annoncées par le président Hollande le 14 janvier » ; et appelle à « agir massivement » lors de la journée interprofessionnelle de mobilisation du 6 février.
Le calendrier de réformes à venir sur les parcours professionnels, les carrières et les rémunérations devait être présenté le 13 février. Mais en raison d’un colloque de la Mutualité fonction publique le même jour, le rendez-vous pourrait être déplacé. Des précisions seront peut-être apportées lors des vœux de François Hollande aux fonctionnaires jeudi 23 janvier à Metz.
Au programme des négociations sur les parcours professionnels, les carrières et les rémunérations
- gestion statutaire (renforcer la fluidité entre les différents versants, structure des corps et cadres d’emploi, etc.)
- rénovation des grilles (les réunions sont prévues en octobre et novembre : « Les syndicats sont sceptiques sur le positionnement de ces réunions, en pleine campagne électorale des syndicats », souligne la CFTC. « Seulement quatre réunions sont prévues, ce n’est pas assez », regrette aussi Pascal Kessler, secrétaire national FA-FPT chargé des affaires statutaires.
- gestion des agents de l’Etat, mobilité, etc.

