Après avoir présenté aux syndicats ses propositions pour les retraites les 18 et 22 avril, le plus difficile reste à faire pour François Fillon, le ministre des affaires sociales : balayer les doutes exprimés par les syndicats, très remontés depuis les annonces gouvernementales. Dans un communiqué commun, la CGT, la CFDT, FO, la CFTC, l’UNSA et la FSU ont dénoncé des mesures « exclusivement dictées par la volonté de réduire les dépenses sociales et publiques ». Ils ont appelé à manifester le 13 mai. Ainsi, avec la journée du 1er mai, le mois à venir s’annonce agité.
Le document soumis aux syndicats se décompose en quatre axes. Il s’agirait d’une part, « d’assurer un haut niveau de retraite en allongeant la durée d’activité et la durée de cotisation ». Mais aussi de « préserver l’équité et l’esprit de justice sociale des régimes de retraites », tout en laissant plus de « liberté pour les cotisants » et en « éclairant l’avenir du financement à court et moyen terme ». Les syndicats jugent les propositions trop floues. Les mesures les plus précises concernent l’alignement du régime des fonctionnaires sur celui des salariés du privé : passage progressif de la durée de cotisation à 40 annuités entre 2004 et 2008, augmentation des cotisations pour les aligner sur celles du privé, création d’une décote de 3% par année manquante et convergence avec celle du privé d’ici 2008 (mais aussi d’une surcote de 3% par année au-delà de 40 ans). Dans le privé, pas question de revenir sur la réforme de 1993, comme le demandait certains syndicats : le calcul des retraites sur les 25 meilleures années et l’indexation des salaires mis au compte sur les prix sont maintenus.
Au début de l’année, le gouvernement avait désigné les trois leviers de la réforme : le taux de cotisation, la durée de cotisation et le niveau des retraites. Il s’est refusé à actionner le premier, mais envisage un redéploiement des prélèvements obligatoires. Une part des cotisations Assedic pourrait notamment servir à abonder le fonds de réserve des retraites. A condition que le chômage baisse. C’est le second levier qu’il a privilégié : la réforme devrait entériner le principe d’une augmentation de la durée de cotisation après 2008, pour maintenir l’équilibre entre temps d’activité et temps de retraite. Cela suppose « une mobilisation nationale en faveur du travail des salariés de plus de 55 ans », passant par la limitation des préretraites, une rénovation de la cessation progressive d’activité dans la fonction publique et un assouplissement du cumul emploi-retraite. Enfin, la réforme propose de « donner des garanties aux salariés les plus modestes », notamment en « énonçant un objectif de retraite pour les personnes ayant effectué une carrière complète au niveau du SMIC ». Pour les pluripensionnés, les 25 meilleures années seront prises en compte au prorata de la durée de cotisation dans chaque régime. Par ailleurs, il est question « d’ouvrir progressivement le droit à une retraite anticipée » aux salariés qui atteindraient les 40 annuités avant 60 ans. Trop vagues sur ces derniers points, qui auraient pu devenir une contrepartie à l’allongement de la durée de cotisation, le gouvernement n’a pas satisfait les syndicats.
Emmanuelle Piriot
Social
Retraite : le gouvernement a présenté ses propositions aux syndicats
Publié le 24/04/2003 • dans : France
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