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Deux jours après la publication d'un appel signé par près de 1 200 médecins, le ministre de l'Ecologie Philippe Martin a affiché jeudi 30 janvier sa détermination à agir contre l'usage de pesticides, dont les impacts sanitaires sont de plus en plus mis en avant par les scientifiques.
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S’exprimant lors d’un colloque à l’Assemblée nationale sur les effets des pesticides, le ministre a rappelé que les analyses scientifiques démontrant un lien entre leur utilisation et des pathologies se multiplient, citant notamment les travaux de l’Inserm publiés en juin 2013.
Cette situation « a conduit 1 200 médecins à signer un appel » (voir l’encadré ci-dessous) mettant en garde contre la présence de pesticides dans notre environnement, « appel que j’ai reçu comme une responsabilité supplémentaire à agir », a déclaré Philippe Martin.
Risques de cancers accrus pour les professionnels – Dans son analyse des études existantes, l’Inserm a indiqué en juin avoir « une présomption forte » entre l’usage de pesticides par des professionnels (agriculteurs, personnels des fabricants ou chargés des espaces verts) et plusieurs pathologies.
Isabelle Baldi, chercheuse à l’Inserm, a précisé que « globalement il y avait moins de cancers dans la population agricole », mettant en avant le rôle du mode de vie, mais que « certains cancers étaient plus fréquents », dont celui de la prostate, du cerveau, des lymphomes et myélomes multiples. Selon la scientifique, ces cancers sont 10 à 20% plus nombreux chez les agriculteurs, population la plus exposée aux pesticides. Un lien a également été fait avec la maladie de Parkinson. L’Inserm a aussi mis en avant, via l’exposition au domicile ou l’alimentation des femmes enceintes, des risques accrus pour leurs enfants de développer une leucémie, une tumeur cérébrale ou une malformation génitale.
« De nouveaux effets (des pesticides) sont régulièrement décelés », a souligné le ministre, citant un avis de l’Agence européenne de sécurité des aliments (EFSA) du 17 décembre dernier qui met en garde contre un lien entre deux substances actives d’insecticides néonicotinoïdes (l’acétamipride et l’imadaclopride) et des troubles du système nerveux humain.
1200 médecins mettent en garde contre les pesticides
Près de 1 200 médecins de France métropolitaine et des Antilles ont signé un appel mettant en garde contre la dangerosité des pesticides, a-t-on appris le 28 janvier auprès du coordinateur de l’appel.
L’appel a été lancé sur internet en septembre par un groupe de médecins limousins auxquels se sont associés des médecins de Martinique et de Guadeloupe, ébranlés par l’affaire du chlordécone.
Le chlordécone est un pesticide qui fut employé à large échelle aux Antilles entre 1973 et 1993 avant d’être interdit mais dont la présence persistance dans les sols et rivières continue à contaminer les cultures, viandes et poissons.
Dans leur appel, les médecins soulignent qu’une exposition professionnelle aux pesticides est, selon la littérature scientifique, liée à des risques accrus de maladie de Parkinson, de cancers de la prostate et de certains cancers du sang.
Période d’exposition – Les médecins relèvent par ailleurs que « personne ne conteste l’imprégnation générale de la population » par les pesticides « à faibles doses », ce qui « n’est pas rassurant » dans la mesure où « de nombreux pesticides sont des perturbateurs endocriniens » dont les effets ne dépendent pas de la dose, mais de la période d’exposition.
Les perturbateurs endocriniens sont soupçonnés d’être une des cause de la recrudescence de certains troubles comme l’infertilité, l’obésité, les pubertés précoces.
Pour protéger les populations, les médecins préconisent notamment de mettre fin aux dérogations à l’interdiction européenne des épandages aériens, notamment aux Antilles où, souligne le Dr Perinaud, les dérogations sont « beaucoup trop souples » atteignant dans certains cas « 12 mois sur 12 », alors même que la population est encore contaminée par le chlordécone.
L’appel invite également l’Etat à reconnaître de nouvelles maladies professionnelles agricoles liées aux pesticides, à mieux étiqueter les produits destinés à l’alimentation, et à confier à des laboratoires indépendants la réalisation des tests nécessaires pour l’autorisation de mise sur le marché.
Le Parlement français a déjà répondu la semaine dernière à l’une de leurs autres revendications en interdisant les pesticides hors usage agricole. Mais la mesure ne prendra effet qu’en 2020 en ce qui concerne l’interdiction des pesticides dans les espaces verts publics et 2022 pour les jardins particuliers.







Je cite la conclusion de l’article :
« Le Parlement français a déjà répondu la semaine dernière à l’une de leurs autres revendications en interdisant les pesticides hors usage agricole. Mais la mesure ne prendra effet qu’en 2020 en ce qui concerne l’interdiction des pesticides dans les espaces verts publics et 2022 pour les jardins particuliers »
Bref les personnels travaillant dans les espaces verts publics de collectivités pas encore passées au O pesticides ont encore 6 ans devant eux, quant aux particuliers, moins informés et formés, c’est 7 ans !
Et quid des pesticides en usage agricole pour les consommateurs : est-ce la dose ou le temps d’exposition à de multiples micro-doses qui fait le poison ?
Youpie, bon appétit et vive la vie au grand air !