Le « plan de soutien à la périnatalité » annoncé par le ministre de la Santé le 10 mars laisse les élus locaux dubitatifs. L’association des petites villes de France (APVF) s’était déjà prononcée contre ce plan, dont certains éléments commençaient à filtrer, à la mi-février, en dénonçant « une approche fondée uniquement sur le nombre d’accouchement » pour décider du maintien d’une maternité (une maternité ne peut être maintenue en dessous de 300 accouchements par an), et « la seule logique financière » gouvernant le plan. Pour Jean-François Mattéi, il s’agit au contraire d’une question de sécurité sanitaire. Au cabinet du ministre, on soutien d’ailleurs qu’il n’est pas question de « fermeture », mais de « regroupements » des accouchements dans de grands centres rassemblant l’ensemble des compétences humaines et les plateaux techniques. Ce regroupement serait accompagné de la création de « maisons de la périnatalité », qui prendraient en charge les femmes dans le suivi de la grossesse avant l’accouchement, et les accueillerait, avec leur bébé, pendant une semaine après. Ces nouvelles structures seraient animées par une équipe de base qui comprend une sage-femme, un kiné, et une puéricultrice. « On va vers des supermarchés de l’accouchement », proteste André Robert le délégué général de l’APVF. « Au contraire, répond-on au ministère de la Santé, les maisons de la périnatalité vont permettre un suivi autour de la grossesse qui n’existe pas aujourd’hui. Il n’est pas question de faire des économies avec ce plan, cette recomposition doit se faire à coûts constant ». Prudemment, le ministère ne donne aucun chiffre de maternités « à regrouper » ni leur localisation, renvoyant à la remise d’un rapport au ministre fin juin.
Romain Mazon
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