Comment un bénéficiaire du RSA peut-il trouver un emploi, même précaire, sans suivi de médecine générale minimum ? 2 à 3 fois moins de généralistes par rapport à l’ensemble de l’Hexagone et 4 fois moins de spécialistes, tel est le constat alarmant en banlieue. Les médecins fuient les régions du Nord et de l’Est, les communes périphériques, les secteurs sinistrés (le besoin de soins d’un chômeur est 70 % supérieur à celui d’un actif). Dans nos banlieues, 1 jeune sur 3 et 1 habitant sur 4 n’a plus accès aux soins, souvent pour des raisons économiques (dépassements d’honoraires, franchises, aucun service public de santé…), mais aussi sociologiques : le soin n’est pas une priorité quand le chômage, l’emploi précaire, le mal-logement dominent la vie quotidienne, ou quand un décrochage social (parfois brutal) a sévi.
L’approche thérapeutique ne peut qu’être multiple et adaptée aux territoires, tant les différences existent au sein même de ceux-ci. Aujourd’hui, médecins, infirmiers, aides-soignants ont opté pour la philosophie du salariat, du travail en équipe et de plateaux techniques performants, à l’opposé de ma génération de médecins d’il y a 30 ans.
Ville et banlieue souhaite une mobilisation plus forte des agences régionales de santé, là où les besoins sont les plus prégnants : cela passe par l’aide à l’installation, au regroupement médical-paramédical, des exonérations fiscales et sociales au moins les premières années, des médecins et des équipes paramédicales mobiles, des dispositifs de centres de prévention de la CPAM, le renforcement des centres médico-psychologiques, actuellement cruellement délaissés. Or les banlieues, c’est la France et les politiques de droit commun imposent la réforme de notre système de santé : contrôle des installations de médecins, comme celui des pharmaciens depuis 30 ans, lutte contre les dépassements d’honoraires et la montée des forfaits journaliers, et contrôle renforcé des abus de toutes parts.
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