Aujourd’hui, alors que les pouvoirs publics ont décidé de pérenniser ce collège et d’en installer dans les conseils économiques, sociaux et environnementaux régionaux, on doit s’interroger. Quelle légitimité peuvent se construire ces délégués pour représenter les leurs ? Allons-nous être comme ces patrons paternalistes du XIXe siècle qui invitaient trois ouvriers à leur table le dimanche pour « savoir ce que pense la base » ? Ou permettrons-nous à des militants de se former et à leurs délégués de porter une réelle parole collective ?
La participation des pauvres est le combat à la source d’ATD Quart Monde. Cette expérience du 8e collège du CNLE est précieuse. Prenons les moyens de l’approfondir. Nous avons commencé ce travail avec des structures membres de l’Uniopss. Plusieurs problématiques ont émergé sur lesquelles notre démocratie ne peut faire l’impasse. Tout d’abord, quelles personnes choisit-on et comment ? Les plus performantes ? Quelle liberté de parole ? Ensuite, quels liens se construisent entre les délégués et les personnes qu’ils représentent ? A quelle formation ont-ils droit ? Par ailleurs, le militantisme ne doit pas être rémunéré, mais le travail d’expertise et d’analyse, si.
Enfin, en quoi les modes de travail de l’institution changent-ils avec la participation des personnes en précarité ? Comment cette participation permet-elle un croisement des intelligences des différents collèges ? Prenons le temps de récolter les expériences de municipalités, d’associations d’éducation populaire, etc., et de concevoir une participation s’appuyant sur le croisement des savoirs de tous les citoyens. La participation des personnes en situation de pauvreté est une réponse à la discrimination dont elles souffrent pour le logement, la santé, l’éducation, l’emploi, la culture… Continuons de l’inventer ensemble.
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