Avec 39,16 jours d’absence en moyenne par agent et par an et un taux d’absentéisme de 17,48 % (toutes causes confondues), la ville de Montpellier arrive en tête du « palmarès de l’absentéisme » établi par la Fondation pour la recherche sur les administrations et les politiques publiques (iFRAP), think tank de tendance libérale.
Une première place que la ville de Montpellier conteste. La maire Hélène Mandroux a écrit le 27 février au président de la Fondation iFRAP pour relever une « importante erreur méthodologique » : le document-source (rapport sur l’état de la collectivité 2011) intègre les dimanches et jours fériés, alors que l’étude iFRAP calcule le taux d’absentéisme en utilisant le rapport jours d’absence sur nombre de jours travaillés. La ville de Montpellier refait le calcul : en posant le rapport 39/365, elle arrive à un taux d’absentéisme de 11 %.
Déprécarisation – Cela ne convainc pas la directrice de l’iFRAP, interrogée le 3 mars par La Gazette des communes. « Quoi qu’il en soit, en nombre de jours d’absence par agent, Montpellier reste première du classement. »
Il est vrai que l’absentéisme est une « préoccupation majeure » de la ville de Montpellier, comme la collectivité le reconnaissait elle-même en réponse au rapport de la Chambre régionale des comptes de novembre 2013. Celui-ci soulignait un quasi-doublement entre 2007 et 2011 (de 24,01 à 39,90 jours d’absence par an et par agent), toutes causes confondues. Une situation que la ville attribue à des vagues successives, depuis 2009, de « déprécarisation » de centaines de vacataires, notamment du secteur scolaire, petite enfance et entretien. L’effectif a gagné 709 agents entre 2007 et 2011 (de 3 363 à 4 072).
Le calcul pose un problème de fond – Au-delà de la situation montpelliéraine, le calcul de l’absentéisme pose un problème de fond selon la directrice de l’iFRAP : « La ville de Montpellier n’est pas seule à avoir réagi. Grenoble, 2è du palmarès, l’a fait également. Mais il n’existe pas de mode de calcul défini par des textes officiels. Dans notre méthodologie, nous mettions cartes sur table en indiquant n’avoir pas trouvé de définition commune du calcul du taux d’absentéisme dans les bilans sociaux. Amiens nous avait d’ailleurs indiqué ne pas vouloir participer en raison du manque d’harmonisation des données. Faut-il alors ne plus publier de classement ? Les citoyens demandent de la transparence sur ce sujet tabou. Nous pensons qu’il faut utiliser le rapport au nombre de jours travaillés, car une base calendaire fait baisser artificiellement le taux d’absentéisme. En outre, cela permettrait de comparer avec le privé. »
Dans une mise au point publiée sur son site Internet le 3 mars, la Fondation espère que « les responsables locaux la rejoindront sur la nécessité d’adopter un référentiel commun aux différentes branches de la fonction publique et de la sécurité sociale, en adéquation avec la computation la moins biaisée possible ».
L’AMGVF conteste la méthode – Dans un communiqué du 4 mars, les maires de grandes villes de France dénoncent ce classement « purement quantitatif, qui ne prend pas en compte les spécificités locales telles que le choix du mode d’organisation » et qui « s’inscrit dans un discours général de dé-crédibilisation de la gestion publique locale et de remise en question des services publics locaux ».
L’association met en avant des arguments proches de ceux de Montpellier pour contester la méthode de l’IFRAP, qui « conduit à surévaluer les chiffres de façon spectaculaire et à exagérer les écarts entre collectivités. Par ailleurs, les auteurs ont souhaité prendre comme principal indicateur les absences « toutes causes confondues » sans en préciser la teneur. Or ces absences correspondent à une grande variété de situations comme les congés maternité ou paternité, les longues maladies ou les accidents du travail, ou encore les absences injustifiées qui font l’objet d’une retenue sur salaire ».
Références

