Daewoo Electronics France (DEF) aura été la première à tomber. L’annonce, le 9 septembre dernier, de la suppression des 240 emplois de l’usine de fours à micro-ondes implantée à Villers-la-Montagne (Meurthe-et-Moselle) est de fort mauvais augure pour Daewoo Orion, l’usine de tubes cathodiques qui emploie 550 salariés à Mont-Saint-Martin, dans le même périmètre du pôle européen de développement. L’usine de téléviseurs de Daewoo à Fameck (Moselle) a passé ses effectifs de 280 à 170 salariés au printemps. « Les trois sites avaient bénéficié de 96 millions d’euros d’aides publiques. Or, voilà plus d’un an que nous alertons les pouvoirs publics sur la déroute imminente de Daewoo sans qu’aucune disposition ne soit prise », accuse Amar Bouchama, délégué CFDT de Daewoo Orion. Le conseil régional de Lorraine a discrètement annulé début septembre l’audit qu’il s’apprêtait à cofinancer pour analyser la situation des trois sites. La région s’est heurtée au refus de communiquer de la maison-mère coréenne. Les syndicats s’interrogeaient sur l’utilité de la démarche, compte tenu de la situation désastreuse du groupe : le seul site de Mont-Saint-Martin totalise des pertes d’un montant global de 141 millions d’euros et ne s’acquitte plus de ses cotisations sociales depuis plus d’un an. « Nous exigeons que Daewoo s’implique dans le reclassement des salariés de DEF », indique Jean-Marc Fournel, secrétaire général de la mairie de Longwy. Mais le groupe coréen a semble bel et bien avoir tourné la page.
Pascale Braun
Développement économique
Daewoo : amertume et impuissance dans le Pays-Haut
Publié le 12/09/2002 • dans : France
Ma Gazette
Sélectionnez vos thèmes et créez votre newsletter personnalisée




