Les possibles coupes budgétaires à l’Education nationale en 2003, avait déjà sérieusement échaudé le Syndicat national des agents de l’Education nationale, SNAEN-Unsa Education. Les divergences sur le dossier de la décentralisation lui suggèrent encore de resserrer les rangs. « Des contradictions apparaissent chaque jour entre les ministres, s’indigne Guy Capdeville, secrétaire du SNAEN pour l’académie de Paris. Le gouvernement donne l’impression de vouloir se débarrasser de nous pour des raisons strictement budgétaires ». La première organisation syndicale chez les personnels administratifs, techniques et ouvriers de l’éducation nationale est, elle, sûre d’une chose : elle veut rester dans le giron de l’Etat.
La loi d’orientation sur l’école de 1989 a reconnu les missions éducatives de ces agents. « Si on sort de l’Education nationale, cela signifie que nos activités peuvent être effectuées dans un cadre privé », explique Guy Capdeville. Alors que le gouvernement a fait de la décentralisation une des ses priorités, le SNAEN envisage tous les scénarii. Celui de Pierre Mauroy, qui, dans son rapport, propose la mise à disposition de ces agents auprès des conseils généraux et régionaux. « Des différences dans la qualité du service public et les conditions d’emploi des personnels apparaîtraient alors entre régions riches et pauvres… », souligne Guy Capdeville. Quant à la libre expérimentation, elle se traduirait, selon lui, par des schémas statutaires très divers, cassant complètement leur identité professionnelle.
Mission éducative et statut de fonctionnaire territorial sont-elles pour autant incompatibles ? « Non, répond Françoise Lamana, représentante des Agents territoriaux spécialisés des écoles maternelles (ATSEM) au sein du SNAEN, mais tout dépend du maire, à qui il faut faire comprendre notre rôle éducatif auprès des enseignants ». C’est aussi cette proximité des élus locaux qui inquiète le SNAEN. Cependant, le syndicat souligne qu’il est nécessaire d’accroître les partenariats entre l’Education nationale et les collectivités locales, en confiant cette mission à des attachés ou des ingénieurs. « C’est un vrai débat de société. On ne peut pas transférer cette compétence du jour au lendemain », conclut-il.
Emmanuelle Piriot.
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