Le lobbying des réseaux des épiceries sociales et solidaires (environ 800 structures, les épiceries sociales étant généralement adossées à un CCAS), avec en tête l’Association nationale de développement des épiceries solidaires (ANDES, environ 300 adhérents), a fonctionné : la ministre en charge de la lutte contre l’exclusion, Marie-Arlette Carlotti, a annoncé, mardi 4 mars 2014, qu’après accord avec le ministère du budget, 7,755 millions d’euros seront alloués en 2014 aux quatre réseaux gestionnaires d’épiceries sociales et solidaires (Fédération française des banques alimentaires, Croix Rouge française, l’Andes et Imagine 84).
Effets nocifs de la gratuité – Dès l’annonce des règles du Fonds européen d’aide aux plus démunis (FEAD), qui a remplacé au 1er janvier 2014 le Programme européen d’aide aux plus démunis (PEAD), les épiceries sociales et solidaires avaient alerté le gouvernement sur leur impossibilité à rester dans le système d’aide alimentaire européen.
Le FEAD impose la gratuité du don alimentaire quand ces structures s’appuient sur la participation – même symbolique (10 à 30 % du coût réel) – des bénéficiaires. « En donnant sans contrepartie, on place le public dans une situation de « redevabilité » », avait expliqué Guillaume Bapst, directeur de l’Andes, dans les colonnes de la Gazette des communes (1). Les épiceries avaient fait circuler une pétition appelant à défendre ce modèle qui, selon elles, permet « un véritable accompagnement social des personnes (…) en partenariat étroit avec les collectivités territoriales ».
Crédits nationaux – Alors que les épiceries avaient suggéré que l’Etat dégage de la subvention européenne une ligne particulière qui leur serait spécifiquement attribuée, le gouvernement a fait le choix « de financer sur crédits nationaux de la mission Solidarité du budget de l’Etat les épiceries sociales françaises dont l’action est tout à fait importante pour la solidarité nationale », expliquent les services de Marie-Arlette Carlotti.
De plus, le ministère annonce que 7,6 millions d’euros supplémentaires seront alloués aux services déconcentrés de l’Etat « qui sont un soutien local précieux aux associations de lutte contre l’exclusion et la précarité alimentaire ».
Par ailleurs, Guillaume Bapst avait expliqué qu’en sortant du circuit alimentaire européen, les épiceries solidaires pourraient « choisir la nature des aliments distribués et ainsi améliorer la qualité nutritionnelle, voire même soutenir des filières locales de production de produits frais ».
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