« François Lamy a fait du très beau boulot. La réforme de la ville s’imposait. Maintenant, il s’agit de la mettre en oeuvre. Fin mai, nous dévoilerons la liste des 1 300 ‘coeurs de cible’ sur le critère unique des revenus par habitant. Nous voulons aller plus vite, accélérer », a expliqué Najat Vallaud-Belkacem, mardi 22 avril en marge d’un déplacement à Vandoeuvre-lès-Nancy (Meurthe-et-Moselle).
Problème : sa première prise de parole acte davantage un report du calendrier initial qu’une quelconque accélération. « Dès que le Conseil d’État aura confirmé le principe de ce critère unique, je demanderai aux préfets de définir avec les maires concernés le périmètre précis autour de ces quartiers prioritaires. À l’automne leur liste exacte sera ainsi connue » avait-elle précisé, plus tôt, dans un entretien accordé à L’Est Républicain.
PNRU vers septembre – Une liste de 200 quartiers devant bénéficier d’opérations de rénovation urbaine – avec cinq milliards d’euros émanant de l’Etat – doit être rendue publique « entre l’été et l’automne » a également annoncé la ministre de la Ville. Sur ce point, bien que disposant d’une enveloppe financière moins importante, elle a affirmé « s’inscrire dans les pas de Jean-Louis Borloo » à l’origine du plan national de rénovation urbaine 2003-2013.
Conformément aux préconisations du nouveau gouvernement, établies par Manuel Valls à la suite de la sévère défaite du PS aux municipales, Najat Vallaud-Belkacem s’emploie à davantage de « pédagogie. »
« Millefeuille et saupoudrage » – « On ne part pas de rien, affirme-t-elle en faisant référence à l’action interministérielle. Des efforts importants ont été consentis ces deux dernières années – la création de 15 000 emplois d’avenir dans les zones urbaines sensibles, le retour à la possibilité de scolarisation des 2-3 ans qui avait été supprimée ces dernières années, les zones de sécurité prioritaire pour lutter contre la délinquance, les efforts en matière de péréquation au profit des communes les plus pauvres à travers la dotation de solidarité urbaine… » énumère la ministre.
Reprenant les éléments de langage de son prédécesseur – elle parle d’un « véritable millefeuille, superposant les dispositifs et conduisant au saupoudrage » – l’ancienne porte-parole du gouvernement n’a qu’un mot à la bouche : simplifier, clarifier des dispositifs « sans cohérence, illisibles. »
Subventionnement pluriannuel des assos ? – Elle a ainsi jugé « problématique » le financement des associations sur des appels à projet, qui selon elle génère plus de coûts qu’il ne permet d’économiser. Elle a appelé à un subventionnement pluriannuel, permettant « de les laisser respirer et d’embaucher ».
« Il faut reconnaître le rôle des associations, qui ont des missions de quasi service public: si les pouvoirs publics faisaient ce qu’elles font, ça coûterait cinq fois plus cher », a-t-elle assuré.
Collectivités et citoyens en renfort – L’objectif demeure le même : résorber les inégalités, avec le concours des collectivités. « Nous aurons une méthode qui part du terrain, associera les habitants et tiendra compte des expérimentations, sans plaquer un cadre théorique » explique celle qui est aussi ministre du Droit des femmes, de la Jeunesse et des Sports toujours dans L’Est Républicain.
« Je ne souhaite pas seulement faire bouger la géographie du zonage, mais aussi la géographie des esprits. Je vais utiliser tous les leviers à ma disposition pour obtenir des résultats rapides. Il s’agit de redonner confiance aux habitants de ces quartiers en les associant grâce à des conseils de citoyens. »

